Par Charlotte Chaffanjon, journaliste politique à l'hebdomadaireLe Point

le vrai-faux retour politique de nicolas sarkozy
le vrai-faux retour politique de nicolas sarkozy © reuters

La classe politique française, a décidément bien du mal à se renouveler. Voyez la journée d’hier. On commence avec le grand come back de François Bayrou. Le mariage entre son Modem et l’UDI de Jean-Louis Borloo, c’était un peu la renaissance de l’UDF. On s’attendait presque à voir Valéry Giscard d’Estaing officier la cérémonie. Et puis, le soir, Direct 8 a diffusé un documentaire sur Nicolas Sarkozy qui nous a plongés au cœur de la campagne de 2012.

Nicolas Sarkozy n’est pas vraiment un revenant , il n’a jamais quitté la scène. Pas toujours pour des raisons positives. Je pense à l’affaire Bettencourt ou à l’affaire Tapie. Et puis, ses comptes de campagne mal ficelés ont coûté 11 millions d’euros à l’UMP ! Mais ce n’est pas ça qui stoppe une carrière politique en France. Au contraire : Sarkozy apparaît comme le sauveur d’une droite à la dérive. C’est magique ! Et le plus savoureux, c’est que c’est lui qui était le plus sage au soir de sa défaite.

Ecoutez Nicolas Sarkozy, il parle à Edouard Balladur et à Carla Bruni le 6 mai 2012, c’était hier soir sur D8 :

Un an et demi après, oubliées les belles paroles ! Il fera tout pour être candidat en 2017. Imaginez, c’est comme si, aux Etats-Unis, George Bush s’était présenté face à Barack Obama pour récupérer son siège, et avant comme si Bill Clinton avait tenté de battre George Bush… Tout simplement impensable.

Toutefois, les mentalités évoluent. Il y a fort à parier que Jérôme Cahuzac, ministre du Budget qui avait un compte en Suisse, aura beaucoup de mal à revenir sur le devant la scène.

Mais observons notre classe politique. L’un des rares hommes forts du gouvernement est Laurent Fabius, qui était Premier ministre il y a 29 ans ! Il en a vécu des épreuves, surtout l’affaire du sang contaminé. Et puis celle qui se prend pour le poil à gratter du pouvoir, c’est Ségolène Royal. La même qui promettait le soir de sa défaite en 2007 à ses partisans de les mener « vers d’autres victoires » !

Aussi, à six mois des municipales, dans les Hauts-de-Seine, le combat de Didier Schuller pour la mairie de Clichy-la-Garenne passionne la presse, comme les affres judiciaires de son ancien compère Patrick Balkany, lui en course pour la mairie de Levallois… Bref, si le changement c’est maintenant, le renouvellement ce n’est pas pour tout de suite.

Comment renouveler une classe politique qui n’en a pas envie ? Par exemple, cet été, des députés du PS ont tenté de faire passer un amendement qui limitait à trois le nombre de mandats consécutifs dans le temps. C’est une idée. Beaucoup déplorent la professionnalisation de la vie politique. Sans métier, une défaite est plus embêtante. Mais on ne peut rien faire contre la culture du chef, presque le culte du chef, tellement ancrée dans nos mentalités.

En France il faut gagner, prendre le pouvoir, être le leader. Si possible en ayant avant été trahi, en ayant souffert, traversé le désert pour prouver son envie. Alors, seulement, on est prêt à guider le peuple. Vous connaissez cet adage :en politique on n’est jamais mort . Il est célèbre. Il est aussi assez vrai.

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