Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites s’occupe du dossier le plus explosif du quinquennat, et pourtant, c’est une personnalité qui passe un peu sous les radars….

Jean-Paul Delevoye a le job le plus difficile. Il s’agit au bas mot d’unifier 42 régimes de retraites. D’en finir donc avec les régimes spéciaux, d‘unifier le privé et le public, d’unifier les pensions de réversion. Tout ça pour instaurer un système universel par points, où chaque euro cotisé donne droit à un point. Il y a là de quoi des déclencher des manifs, tous les matins, et voir se former la fameuse convergence des luttes, si chère à la France Insoumise. 

Cette méga réforme, Emmanuel Macron l’avait annoncée dans sa campagne

Le candidat ne voulait pas se contenter d’un rafistolage. Il a promis de le transformer de fond en comble le système actuel. Et pour cela il a fait confiance à vieux routier de la politique. Jean-Paul Delevoye. Il a 71 ans et c’est sans doute l’un des CV les plus fournis en matière de carrière d’élu : il a tout fait. Maire, député, sénateur, ministre sous Chirac, président du conseil économique social et environnemental, médiateur de la République, président de l’association des maires de France. Il a même failli, à une époque, être patron du RPR. C’est un caractère rond, un homme de dialogue, un proche du président. Pendant la campagne, Emmanuel Macron lui a fait présider la commission d’investiture pour les législatives. C’est lui qui a trié les 19.000 candidatures qui sont arrivées à En marche. Il n’a plus rien à prouver et il est discret. D’ailleurs, il n’a même pas le titre de ministre, bien qu’il ait un beau bureau au Ministère de la Santé et une dizaine de collaborateurs de haut niveau. Ça lui permet d’avancer sans être trop exposé. 

Pour combien de temps est-il en poste ? 

Il doit présenter des recommandations au gouvernement, une sorte de projet de loi qui sera ensuite défendu par la ministre de la santé Agnès Buzyn. Sans doute après les Européennes de mai 2019. Ça a pris du retard. Tellement, c’est complexe. Pour la petite histoire, Jean-Paul Delevoye organise des sessions de formation pour les journalistes et les députés qui veulent arriver à suivre. Mais la difficulté sera plus politique que technique. Comment faire accepter des changements pareils à un moment où le pouvoir est impopulaire ? Et puis, il y a la question de la durée. Jean-Paul Delevoye est en train de lancer sur les rails une réforme qui va mettre une bonne dizaine d’années pour s’installer. Et ça demande de survivre à toutes les alternances. Gauche, droite, macronisme, peut-être extrêmes. Et ça, c’est une autre paire de manche

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