La mi-mandat d’Emmanuel Macron aurait pu être l’occasion pour la gauche d’avancer unie. Or, c’est tout le contraire…

On le voit encore cette semaine

La marche contre l’islamophobie qui aura lieu dimanche est le théâtre au grand jour de dissensions de fond entre les différents partis de gauche. 

D’un côté, Les Insoumis, le Parti communiste, Génération.s et Europe Ecologie Les Verts – ce dernier avec quelques réserves- soutiennent cette marche au nom de la lutte contre les amalgames entre islamisme et islam et pour apporter leur soutien aux musulmans touchés au cœur par l’attaque de la mosquée de Bayonne. 

En revanche, les socialistes n’iront pas. Ils sont gênés, par la présence du CCIF, le Collectif contre l’islamophobie en France, jugé trop communautariste. Et ne veulent pas cautionner les attaques des promoteurs de cette marche qui considèrent les lois laïques comme « liberticides. »
 

Les municipales sont également le vivier de désaccords

On s’en doutait depuis les Européennes mais les municipales se présentent une nouvelle fois comme une arène où chacun veut la jouer solo, les Verts pour conquérir des villes et au pire « se compter » au premier tour et peser au second, les Insoumis préfèrent suivre la ligne nationale de Jean-Luc Mélenchon, solitaire et populiste et enfin les socialistes qui, malgré quelques gestes à Bordeaux, veulent défendre les seuls bastions qui leur restent… 

On le voit, à gauche, les chats échaudés ne craignent toujours pas l’eau froide. Or, dans plusieurs villes y compris les plus grandes, comme Marseille, Montpellier, Lille et même Nantes ou Rennes, le refus de la direction des partis de mener une stratégie unitaire, souvent en délicatesse avec leur base, risque bien de faire perdre la gauche et d’offrir la victoire à LREM, à la droite voire à l’extrême droite.
 

Emmanuel Macron s’en frotte-t-il les mains ?

En tout cas, ces fractures, deux ans et demi après son élection  justifient à ses yeux, sa stratégie initiale contre les fameux courants qui ont miné le PS. Aujourd’hui, on voit que son pari c’est d’attaquer la droite sur tous les fronts, sécurité, immigration, communautarisme. Preuve que le danger électoral pour lui, ne se trouve pas à gauche. 

Il est vrai que comme l’aurait dit Jaurès, à qui l’on prête beaucoup : 

Qu’est ce que la gauche ? La gauche, c’est l’union de la gauche.

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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