Ce matin, beaucoup de politique et un peu de lexicologie aussi pour comprendre la dernière expression de Yannick Jadot : il dit qu’il est en route sur "son chemin de muletier" pour 2022.

Yannick Jadot, député EELV
Yannick Jadot, député EELV © AFP / ERIC PIERMONT

En ce moment, c’est un peu Yannick dans les Cévennes, si je plagie le titre du film dans lequel l'actrice Laure Calamy randonne avec un âne à la poursuite de son amoureux.

Yannick Jadot court, lui, après la présidentielle

Il veut créer une force d’alternance à Emmanuel Macron et s’installer maître de l’écologie à l’Elysée.

Préalable à tout cela, et c’est là que la métaphore du chemin du muletier prend tout son sens, il doit avancer un pas après l’autre, en espérant atteindre sans encombre son camp de base. 

C’est-à-dire ce point de rencontre où il trouvera le soutien d’Europe-Ecologie-Les Verts. 

Car il n’a aucune assurance d’obtenir l’investiture de son parti tant celui-ci a fait vocation de déchiqueter un à un ses présidentiables. Ce n’est pas Nicolas Hulot qui dira le contraire.

Jadot est, lui, menacé par Eric Piolle, le très actif maire de Grenoble, bien plus radical que lui.

En attendant le vote interne qui n’interviendra pas avant les régionales de mars 2021, Yannick Jadot essaie de ménager son mouvement. C’est bien pour cela qu’il a déclaré hier par exemple qu’il n’était pas d’accord avec les propos de l'élue parisienne verte et féministe Alice Coffin contre les hommes, mais qu’il ne les condamnait pas.

Et il multiplie les déplacements, conscient de souffrir encore d’un déficit de notoriété.

Et sa stratégie fonctionne ?

En tout cas dimanche, il a poussé un tout petit ouf de soulagement en consultant le sondage Ifop pour le JDD sur la présidentielle. Dans l’hypothèse assez peu probable, je vous le concède, d’une gauche rassemblée, l’Eurodéputé émarge à 13 % d’intentions de vote.

Rien de fabuleux mais il s’attendait à dévisser, il pensait être une victime collatérale des polémiques à répétition générées par les nouveaux maires écolos.

Moins bonne nouvelle en revanche, les instituts de sondage testent désormais Anne Hidalgo, qui vient encombrer le créneau qu’il espérait préempter pour 2022 : celui du centre-gauche écolo et raisonnable, en servant aussi de voiture balai aux électeurs d’Emmanuel Macron qui, venus du PS ont quelques raisons de se sentir abandonnés.

Vous l’avez compris : Jadot a encore bcp à faire pour que son chemin pour que son chemin du muletier se transforme en sentier de la gloire… 

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