Par Marcelo Wesfreid

Emmanuel Macron était l'invité de Questions Politiques
Emmanuel Macron était l'invité de Questions Politiques © Radio France

Macron a tellement occupé la scène médiatique ces derniers jours, qu'on est à la limite de la saturation. Même son équipe en est consciente.

Je voulais le suivre hier. J'ai donc appelé son attaché de presse. « Il paraît que Macron va en banlieue? » Et là, on me répond : « non, pas possible de l'accompagner, c'est hyper restreint, il voit des gens... sans médias ».

J'ai quand même insisté et ça a marché, on m'a donné l'adresse. Bon, je n'étais pas le seul. Direction, donc, un campus des métiers, à Bobigny.

Quand je suis arrivé, Macron était avec des élèves coiffeurs. Il parlait de leur métier, des débouchés. Un moment, il a parlé du business des coupes afros, oui, oui. Mais pas un mot, rien sur son mouvement « En Marche ».

Macron veut maintenant calmer l'hystérie autour de lui.

La semaine dernière, et même ce week-end, on a frôlé l'overdose. Du Macron, il y en avait partout. Et ça, ça n'a pas trop plu aux spins doctors. Macron entouré de caméras, ça fait homme coupé des vrais gens. Cela fait bulle médiatique.

Du coup, voilà le nouveau plan de communication : plus de sorties annoncées à l'avance. Plus d'émissions politiques. Finies, aussi, les confidences aux journaux people. Macron est allé trop loin. Comme l'a dit un de ses proche : « si ça continue, ils vont nous mettre Brigitte à la Une de Playboy ».

Le mot d'ordre, c'est maintenant les interviews de fond. 

Ça fait intello? Tant mieux! Ça fait la différence avec les incultes. En revanche, soyons patients pour le programme. En octobre, on aura seulement quelques pistes, mais pas un projet.

Il prend son temps, Macron. Il attend de savoir qui seront les candidats après les deux primaires. A partir de là, il verra s'il a un espace. Bref, il doit gagner du temps. C'est pour cela qu'il va meubler en mode je-vais-vous-parler-comme-un-pro-de-philo. Et puis, avoir du temps, c'est bon pour lever de l'argent. Il sera ce jeudi à Londres pour récupérer des dons.

Après la démission accélérée, on entre dans la course de lenteur. C'est risqué. Il faudra continuer à exister, par petites touches, alors qu'on va beaucoup parler des autres. Mais pour Macron, qui croit en lui, il n'y a vraiment pas de quoi se faire des noeuds dans les cheveux.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.