Avec Manuel Valls, ce sont un peu les rois de la com' politique qui sont arrivés à Matignon.

Stéphane Fouks
Stéphane Fouks © Havas / Groupe Havas

Depuis une semaine, il y a un homme qui se frotte les mains en coulisses. Cet homme s'appelle Stéphane Fouks, c'est le grand patron de Havas Worldwide, plus connu sous l'ancien nom Euro-RSCG. Vous vous souvenez peut-être de la fatwa lancée par François Hollande contre cette agence de com' pendant la campagne présidentielle de 2012. Le candidat du PS avait décrété à l'époque, en substance : « Moi, président de la République, ils ne viendront jamais à l'Elysée ! Ils ont fait perdre Jospin en 2002, ils ont conseillé DSK, c'est terminé ! »

Depuis lundi dernier, l'heure de la revanche a donc sonné pour Stéphane Fouks. Pourquoi ? Parce que son meilleur ami s'appelle Manuel Valls. Le nouveau Premier ministre et l'ancien spin doctor de DSK sont des amis de trente ans. Et ils se parlent beaucoup depuis que Valls est arrivé à Matignon.

Le rouleau compresseur de la com' s'est visiblement mis en marche. Regardez les médias depuis une semaine, c'est tapis de bombe. Impossible d'échapper à l'homme de com' Manuel Valls, qui connaît très bien les médias : il avait été chargé de la communication de Jospin à Matignon on le sait, puis celle de Hollande pendant la campagne. Résultat, on le voit partout : à la Une de Paris-Match avec Anne Gravoin glamourissime, à la Une de l'Express, du Point, du Nouvel Obs, au 20h de TF1 et même dans le JDD ce week-end à coup de confidences savamment distillées. Pour un peu, c'est Nicolas Sarkozy qui serait presque jaloux... On avait eu la « gauche caviar » avec François Mitterrand, la « gauche plurielle » avec Lionel Jospin, « la gauche techno et des impôts » avec Jean-Marc Ayrault, on a aujourd'hui « la gauche Euro-RSCG » avec Manuel Valls. Et ça ne plaît pas du tout à Cécile Duflot, qui le disait samedi au Conseil fédéral des Verts:

Mais pour l'instant, la stratégie de communication de Valls marche plutôt pas mal. Pour l'instant.

Parce que pendant qu'on parle de la méthode de Manuel Valls, de l'épouse violoniste de Manuel Valls, du petit chien de Manuel Valls (Homère, c'est son nom), ou de la passion de Manuel Valls pour Chuck Norris -je vous jure que c'est véridique-, on ne parle plus du tout de la déculottée historique du PS aux municipales. Circulez, il n'y rien à voir, tout ça c'est de la préhistoire... Et pourtant, c'était il y a une semaine.

Et ça ne fait que commencer. Le Premier ministre, qui ne veut plus aucun couac, a demandé à chacun de ses ministres de se transformer en expert en communication. Il veut, par exemple, qu'il fasse la claque demain soir dans les médias pour défendre son grand discours de politique générale. Bref, vous l'avez compris, pour Manuel Valls, le savoir-faire c'est au moins aussi important que le faire-savoir.

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