Après la raclée des départementales qui pourrait se répéter aux régionales, la question du maintien de Manuel Valls à Matignon se pose, mais qui, alors, pour le remplacer ?

Réunion à Matignon
Réunion à Matignon © MaxPPP / Christophe Petit Tesson

Personne, et c’est bien là le problème pour François Hollande. Le Chef de l’État assure que son Premier ministre est aujourd’hui son meilleur bouclier. Ça, c’est la version optimiste des choses, sauf qu’à regarder sa cote de popularité dégringoler, on peut douter de l’efficacité du parechoc.

La vérité est qu’à ce jour, si le Chef de l’État vante les atouts de Valls, c’est qu’il n’a pas d’autre carte dans sa poche.

Sa nomination est venue trop tôt. Et c’est François Hollande lui-même qui le reconnaît dans un documentaire bientôt diffusé surFrance 3 sur Jean-Marc Ayrault filmé par sa fille. Le Chef de l’État explique qu'il avait l'intention d’appeler Manuel Valls après les régionales. Son idée : deux premiers ministres sous son quinquennat, pas plus. Après les municipales de 2014, Valls s'est imposé à Hollande plus qu'il n’a été choisi. Une sorte de mini-putsch.

Le Premier Ministre semble aujourd'hui indéboulonnable. D'une part, il est aidé par une popularité supérieure à celle du Chef de l’État et d'autre part, il n'y a aucun remplaçant évident.

Il faut surtout trouver quelqu'un de compatible avec ce que souhaite François Hollande.

Et ce, sur trois points : d'abord, sauf énorme bonne surprise économique qui permette une redistribution de gains de croissance, le Président n'entend pas changer de politique.

Secundo : il veut essayer de faire le rassemblement de la gauche.

Tertio : il lui faut une personnalité avec laquelle il puisse se sentir en confiance. Une condition sine qua non pour qu'un exécutif fonctionne alors que la présidentielle approche.

Rien de moins simple, donc. Des quatre concurrents de la primaire qui ont un poids politique, il y a bien Martine Aubry puisque son nom revient souvent. Mais ce serait une sorte de cohabitation tant sa ligne et son caractère sont éloignés de François Hollande.

François Hollande est donc pieds et poings liés.

Il y a peu de chance que le congrès socialiste de Poitiers l'oblige à se séparer de Valls. Mais il lui faut bien prévoir un remplaçant si les choses se passent mal en juin ou en décembre aux prochaines régionales.

Il y a un nom qui pourrait faire du chemin: celui de Bernard Cazeneuve, promu régulièrement depuis 2012 sans faire de vagues. Selon l'un de ses anciens collègues du gouvernement, il y pense forcément. Ce ne serait pas la première fois qu'un ministre de l'Intérieur pense à Matignon... Pas besoin de vous faire un dessin...

Discipliné, adaptable, il n'aurait pas de mal à servir loyalement François Hollande. Reste à savoir s'il a suffisamment d'envergure politique pour tenir une majorité en miettes. Sans compter qu'il devra alors faire face à un Manuel Valls libéré de sa loyauté.

Une fois dehors, rien ne dit que Valls ne deviendra pas un rival de son successeur, mais surtout de son ancien patron!

À gauche, il ne serait pas le premier.

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