A un an de la présidentielle, la défiance envers la politique demeure toujours aussi élevée. Alors, certains imaginent des solutions. Il y un phénomène intéressant en ce moment : deux écoles sont en train de naître, d’un genre nouveau. Elles veulent diversifier l’accès à la politique.

La politique, ça s'apprend
La politique, ça s'apprend © Getty / Luis Alvarez

La première, c’est le « Collège citoyen de France »

Elle est née dans l’esprit d’une dizaine d’intellos et d’artistes, comme le photographe JR ou l’écrivaine Tania de Montaigne. Le principe : c’est une formation de 800 heures, avec des intervenants haut de gamme : des généraux, des patrons, des cuisiniers étoilés, etc. 

Le tout, pour donner un kit de survie à des personnes qui veulent défendre un projet pour la société ou l’environnement. Mais que la politique rebute. 

Dans les premiers candidats à s’être manifestés, il y a un commandant de caserne, une directrice d’Ehpad, une agricultrice. Cette « ENA du terrain », comme elle se présente, commence ses cours en juin.

L'autre école s’appelle « l’Ecole de l’engagement »

Elle part d’un constat : à l’assemblée, il y a 80% de cadres et pas un seul ouvrier. Rien à voir donc avec la sociologie du pays. Cette formation veut donc faire émerger des profils populaires, et les lancer dans la vie publique.  

Mais contrairement au collège citoyen de France, qui ne roule pour personne, cette école de l’engagement, est parrainée par Arnaud Montebourg. Un prétendant à la présidentielle, qui cherche sans doute à dégoter quelques pépites pour sa campagne… 

En tout cas, ces deux initiatives ont des points communs : elles sont gratuites et considèrent que c’est par le bas que la société civile pourra renverser la table.

Un approche nouvelle

On se souvient de la dynamique d’Emmanuel Macron, avec en marche. Il portait l’idée du renouvellement par le haut. Il avait en 2017 constitué un gouvernement d’experts. Avec une limite : des profils trop techno, pas assez politiques... 

Le chef de l’Etat a ensuite expérimenté les formes participatives, après les Gilets jaunes. Cela a donné d’abord la Convention citoyenne sur le climat. Avec des participants tirés au sort. Qui se disent aujourd’hui trahi. 

On pourrait citer enfin le comité citoyen sur la vaccination, encore des gens tirés au sort, chargés de donner des recommandations. Disons le : on se demande encore à quoi sert ce gadget. 

Bref, ces écoles de la société civile sont la dernière piste non encore exploitée. Le dernier sursaut de la société civile. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France