En meeting les candidats écrivent rarement leurs discours. Ce sont des collaborateurs qui s'en occupent. Et en ce moment leur tâche est rude.

Benoit Hamon en meeting le 6 février
Benoit Hamon en meeting le 6 février © Maxppp / OLIVIER LEJEUNE

Par Marcelo Wesfreid

C'est ce qu'on appelle des plumes. Ils écrivent en ce moment des discours au kilomètre. Ils se tuent à trouver des formules que d'autres que eux vont prononcer. C'est le jeu.

Emmanuel Macron, par exemple, il a choisi un jeune normalien, qui n'a pas trente ans, qui lui rédige les premières trames. Ensuite, Macron retravaille tout ça, le met à sa sauce. Son grand truc, c'est de rajouter des citations littéraires.

Mais, en dehors de Macron et un peu de Marine le Pen, les plumes des autres candidats sont à la peine.

Pourquoi ? Parce qu'elles travaillent pour rien. Ou presque. Parce que les meetings deviennent des stand up. Les candidats veulent convaincre, prendre à témoin, improviser, sortir des cadres classiques.

Dimanche, c'était le discours d'investiture de Benoît Hamon. Il avait quelques feuilles sur son pupitre. Il ne les a pas lues. D'ailleurs, il a fait mille digressions et il a débordé. Il était un peu frustré à la fin.

Dans cette campagne, Hamon, il lui est arrivé d'improviser aussi parce qu'il perdait ses lunettes, ou parce que l'imprimante était en panne. Ça lui est arrivé une fois, à Paris.

Cela donne un résultat spontané et décousu. Qui fait un rire chez Macron, où on m'a dit « C'est pas du niveau d'un candidat à la présidence ».

Mélenchon aussi improvise beaucoup, il se carrément promène sur scène avec un petit papier à la main. Où il a écrit la liste des thèmes qu'il veut aborder. Du coup, quand il parle, il saute du coq à l'âne: on passe, c'était le cas dimanche, des bibliothécaires à Facebook, à la dépollution des orbites basses de la terre: ces boulons qui tournent dans l'espace.

Mais la palme de la plume la moins chanceuse, on va la décerner à Igor Mitrofanoff. La plume historique de François Fillon. Non seulement, il travaille comme un forcené avec la campagne mais en plus il a eu le droit à un interrogatoire en bonne et due forme, vendredi, par la police sur l'affaire Pénélope.

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