En ce début d’année, la droite avance en ordre très dispersé et continue de panser ses plaies. Mais c’est sa chance. Car tout est ouvert de ce côté-là de l’échiquier, comme ce n’était pas arrivé depuis la fin des années 80.

A l’époque, Jacques Chirac n’était plus le leader incontesté de son camp, après sa défaite en 1988 face à François Mitterrand.

Infographie Election du président de l'UMP
Infographie Election du président de l'UMP © ve

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy est lui aussi fragilisé. Battu en 2012, il ne fait plus peur à ses rivaux potentiels. Il n’est plus le chef incontestable. Enfin, il a quand même pris la présidence de l’UMP. Mais la chronique de sa victoire est loin d’être écrite. L’ancien Président espérait revenir en homme providentiel, seul capable de faire barrage de son corps à Marine Le Pen. Ce n’est pas le cas.

Alain Juppé fait quasi jeu égal avec lui dans les sondages d’intention de vote du premier tour. Tout est ouvert, et chacun des deux favoris additionne des atouts et des handicaps : Sarkozy a mis la main sur l’UMP, ce qui est un atout de taille. Mais il est fortement rejeté par une grande partie de l’opinion. Alain Juppé est beaucoup plus consensuel, et il peut compter sur l’électorat centriste. Mais il lui manque une organisation efficace, et un talent de candidat.

Quant à François Fillon, il sait que les jeux ne sont pas faits, et il se souvient à quel niveau se trouvait François Hollande trois ans avant la présidentielle. Il a une équipe, un projet clair, et il peut se substituer à Juppé si ce dernier devait s’effondrer.

Enfin, on ne peut pas exclure l’émergence d’un candidat de la génération des quadras. Aujourd’hui, c’est Bruno Le Maire qui tient la corde. Il peut forcer son destin

2015 sera donc l’année de la droite, pas du FN

La candidate du FN a réussi une double percée en 2014, aux élections européennes et en s’imposant dans les sondages comme très probable candidate au deuxième tour de la présidentielle. Mais en 2015, elle aura plus de mal à déplacer les lignes dans des élections locales où la droite reste bien implantée. En mars, celle-ci est assurée de gagner au moins la moitié des soixante départements actuellement détenus par la gauche. Ensuite, le congrès refondateur de l’UMP, même s’il est contesté, lui donnera un nouvel élan. Enfin, les élections régionales de décembre devraient lui redonner la main sur des territoires perdus depuis 2004. Pour la première fois, l’UMP est quasi assurée de redevenir le premier parti d’élus locaux.

Reste la bataille des idées. Pour le moment, elles manquent de fraîcheur. Mais la compétition annoncée pour les primaires de 2016 forcera les prétendants à se battre sur ce terrain. Toutes les conditions sont bien réunies pour que 2015 soit celle de la droite.

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