C'est le 15 janvier que ce grand débat doit débuter, sous l’égide de la Commission nationale du débat public, présidée par l’ex-ministre Chantal Jouanno. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est entouré du plus grand flou…

Un flou d’abord entretenu par le gouvernement. Parce que si quatre grand thèmes ont été fixés : fiscalité, transition écologique, démocratie et citoyenneté et réforme de l’Etat, les règles du jeu politiques de ce débat sont toujours largement inconnues. Et puis surtout, Emmanuel Macron a martelé lors de ses vœux qu’il n’entendait nullement changer de cap politique et encore moins renoncer au programme sur lequel il a été élu en 2017. On peut comprendre dans ces conditions les doutes des Français quant à la sincérité du pouvoir à les écouter… « Quant c’est flou c’est qu’il y a un loup », se disent-ils suivant la formule popularisée, on s’en souvient, par Martine Aubry face à François Hollande. 

Les autres participants souhaitent-ils vraiment débattre?

Lorsque l'on entend un certain nombre de responsables politiques - de Jean-Luc Mélechon à Marine Le Pen - souffler sur les braises de la colère des Gilets, on se demande comment un véritable débat démocratique de fond peut sereinement se dérouler… Il y a des formules qui peuvent tuer le débat et « la fascination pour l’insurrection » déclamée par le chef des Insoumis comme la dénonciation des « foules haineuses » par Emanuel Macron sont de celles-là. Mais chez les Gilets jaunes aussi on peut douter de la réelle volonté de débattre.  Non seulement les groupes radicaux violents et minoritaires semblent avoir peu à peu gangrené le mouvement social, mais il y a chez certains Gilets le refus a priori de discussion. L’épisode d’hier où une jeune femme a renoncé à faire une chronique sur BFM, pour cause d’insultes et de menaces, en est une illustration. 

Vous n’imaginez pas le mal que vous faites  aux gens qui se battent pour vous. Débrouillez vous entre vous puisque vous avez les solutions 

a écrit Ingrid Levavasseur sur Twitter pour expliquer son renoncement.  

Il y a un risque réel que ce grand débat ne serve à rien?  

Un certain nombre de ministres ont d’ailleurs déjà prévenu qu’il ne faudrait surtout pas prendre les Français pour des imbéciles avec un simulacre de débat.  Il ne faut surtout pas oublier qu’à l’origine du mouvement des Gilets jaunes se trouvent les inégalités sociales et fiscales, une véritable détresse. Au-delà des violences et des dérives, le mal est là. Et si le débat sensé traiter ce mal n’est que poudre de perlimpimpin, les conséquences risquent d’être dévastatrices

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.