La politique, c’est souvent une série de promesses qu’on s’engage à tenir. Mais ce n’est pas tout de les respecter…

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Benoît Tessier

On ne parle que de ça : les retraites. Matin, midi et soir. Un chantier qui devrait encore occuper le débat public jusqu’à cet été, le temps que la loi soit votée.  Et après ? Qu’est-ce qu’il reste à faire pour le gouvernement ? Eh bien pas grand-chose, en fait. Parce que figurez-vous que le programme présidentiel, après ce chantier chaotique, est terminé. 

L’assurance chômage, le code du travail, l’apprentissage, le dédoublement des classes de CP, la fin de l’ISF, la taxe d’habitation, et j’en passe. Tout a été lancé ou terminé. Il ne reste plus que quelques engagements secondaires ou des promesses qui sont d’ores et déjà écartées comme la réforme institutionnelle, faute d’accord avec le Sénat. 

Mais alors, que va faire Emmanuel Macron, ces prochains mois ?

Il lui reste exactement 856 jours de mandat. Il va devoir les remplir. 

Or, le président est parti tambour battant. Il a brûlé toutes ses cartouches dès le début. En clair, il a passé le plus de textes possibles tant qu’il lui restait de la popularité. 

Emmanuel Macron doit désormais trouver de nouvelles idées, quitte à improviser. Il doit imaginer des plans qui ne figuraient pas dans le contrat de départ et qu’il va devoir imposer à sa majorité. Ce ne sera pas simple. 

Ce qu’on sait, c’est que ces mesures porteront sur l’écologie et sur le régalien. Ce sont les deux priorités stratégiques d’Emmanuel Macron. Car le président cherche, à tout prix, à endiguer la poussée des verts sur sa gauche et celle de Marine de Le Pen sur sa droite. 

Le projet présidentiel pour 2022 ? 

Pour un président sortant, préparer un nouveau programme, c’est un calvaire. Il est à l’Elysée, il a les mains dans le cambouis, il est absorbé par la gestion de crise permanente. Bref, dans ces conditions, c’est très dur se projeter, de réfléchir à 90 mesures phares. 

Alors, chacun ruse. 

En 1988, François Mitterrand ne s’est pas embarrassé avec un programme en bonne et due forme ; il s’est contenté de publier dans les journaux une "lettre à tous les Français" avant sa réélection. Nicolas Sarkozy a écrit lui, avec moins de succès, "une lettre au peuple de France" en 2012.  

Ce sont plus des visions de la société qu’une série de promesses. Et cela évite une critique à laquelle il est sinon impossible d’échapper : pourquoi n’avez-vous pas fait tout cela avant ?

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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