Par Renaud Dély

Ce matin je prends de l'avance en regardant de plus près le casting de l’élection présidentielle de 2017.

Est-ce que vous connaissez la différence entre le bœuf bourguignon et l’élection présidentielle ? Le boeuf bourguignon, c’est meilleur réchauffé, et pas l’élection présidentielle ! La politique aussi, c’est de la cuisine. Et bien figurez-vous que quand on la regarde de près, l’affiche de l’élection de présidentielle de 2017 risque d’avoir un méchant goût de remake.

Il y a cinq ans, il y avait dix candidats qui se sont affrontés pour conquérir le poste suprême de président de la République. Passons les effectifs en revue : Hollande et Sarkozy, bien sûr, mais aussi Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon évidemment, sans oublier François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Cheminade, Philippe Poutou, Nathalie Artaud et Eva Joly. Sur ces dix candidats, neuf pourraient bien être de nouveau en piste l’année prochaine. Seuls les écologistes s’appliquent à changer un peu la donne et à égayer le paysage… Forcément, me direz-vous, ils sont écolos, donc ils sont soucieux des paysages. Les Verts se cherchent donc un nouveau prétendant à envoyer au casse-pipe à chaque fois et ils aiment d’ailleurs tellement animer un peu la compétition qu’en général, lorsqu’ils ont une tête d’affiche populaire, soit ils l’écartent, soit celle-ci jette l’éponge d’elle-même. C’est le cas de Nicolas Hulot. Il a été battu à la primaire écolo par Eva Joly en 2011 et il a annoncé avant-hier qu’il ne se présenterait pas non plus l’année prochaine.

Mais à part les Verts, toutes les autres formations pourraient bien présenter les mêmes candidats. Malgré le système des primaires, qui a un peu ouvert le jeu, on s’aperçoit donc que le système politique français est complètement bloqué. Ce qui fait que des profils un peu différents, du genre de Nicolas Hulot, donc, mais aussi de Jean-Louis Borloo et peut-être d’Emmanuel Macron finissent par renoncer

Et ça, c’est une spécificité française. Aux Etats-Unis, en Allemagne, mais aussi en Espagne ou en Angleterre, les vaincus des urnes se retirent aussitôt. Il suffit de regarder ce qui se passe en ce moment au Royaume-Uni. David Cameron a à peine perdu le référendum sur le Brexit qu’il a démissionné et, croyez-moi, il ne reviendra jamais en politique. Comme Tony Blair ou Gordon Brown avant lui. Il faut dire qu’en Angleterre, même les gagnants des scrutins démissionnent, on l’a vu avec Boris Johnson et Nigel Farrage, une originalité « so British », il faut bien le dire.

En fait, chez nos voisins, il n’y a guère qu’un cas récent de survivant à être revenu après avoir été battu, c’est Silvio Berlusconi en Italie. Berlusconi ! Voilà un bien beau modèle pour nos politiques, non ?

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