Par Nathalie Schuck

Vous n'imaginez pas le contraste saisissant entre la situation politique a priori calamiteuse, quasi désespérée du Président et la franche camaraderie qui règne autour de la table à l'Élysée quand il réunit sa garde rapprochée, en général le mardi. Prenez les sondages : entre la grogne contre la loi Travail et les inondations, le Président voit l'eau monter plus vite que le Zouave du pont de l'Alma !

Il barbote, selon les instituts, entre 11 et 15% seulement. On l'imagine en mode Droopy , déprimé au point de penser sa réélection hors de portée... Point du tout ! Un de ses fidèles, qui participe chaque semaine à ses côtés aux dîners du Palais, me racontait : « Il y croit, il est chaud comme la braise ! Le match de la présidentielle l'émoustille déjà, il est heureux, il va se régaler » . Hollande est convaincu que le « ticket d'entrée » pour le second tour sera bas, autour de 18-19%, et qu'il peut y arriver.

Autour de la table, le casting varie, mais certains ont leur rond de serviette. Il y a Manuel Valls , le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis , le président de l'Assemblée Claude Bartolone , les chefs des parlementaires socialistes Bruno Le Roux et Didier Guillaume , l'ami Stéphane Le Foll notamment. La discrétion est de rigueur, François Hollande n'aime pas les fuites. Parce que parfois, il se lâche. Mardi dernier, par exemple, je peux vous dire que ça a été la fête à Juppé !

Le président rentrait tout juste de son déplacement à Bordeaux, et il a confié ses impressions à la tablée sur l'ancien Premier ministre, qu'il pourrait affronter. Je laisse un convive raconter : « Qu'est-ce qu'on a kiffé ! II nous a dit qu'il l'avait trouvé vieux » !

Traduction : le président pense que son adversaire de 2017 s'appellera Sarkozy.

"Un temps de président", le documentaire au coeur de l'Elysée
"Un temps de président", le documentaire au coeur de l'Elysée © La Générale de production

La grogne sociale n'a pas l'air d'inquiéter le président de la République .Vous avez vu ce qu'il dit dansLa Voix du Nord : « Il faut savoir arrêter une grève ». Cela fait une bonne dizaine de jours déjà qu'il pense que la CGT est en train de perdre la partie. Il le répète à ses amis dans les dîners : « Le mouvement durcit, mais ne s'élargit pas ».

Ce qu'il craignait ne s'est pas produit : la coagulation de plusieurs mouvements sociaux comme en 1995. Et autant vous dire que les menaces des députés frondeurs ne le font pas frémir. Lors d'un dîner à l'Élysée, le Président a été très clair : si des députés PS déposent une motion de censure en juillet contre la loi Travail et le gouvernement, ils seront priés de rendre leur carte du parti. Comme me disait, là encore, un convive des dîners de l'Élysée : « pour eux, ce sera : dehors ! »

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