Dans de nombreuses circonscriptions, on assiste à des bagarres de chiffonnier entre candidats qui se prétendent plus macronistes que leurs rivaux…

Plus macroniste...
Plus macroniste... © AFP / THIERRY ZOCCOLAN

Par Marcelo Wesfreid

Je vais vous raconter une scène. C’était jeudi dernier. On est sur le port de pêche de Lorient. Emmanuel Macron fait un bain de foule. Il y a là une jeune femme qui s’approche du président. Elle a robe rouge, un tee shirt bleu. Des couleurs visibles de loin… Il y a une table sur le quai. A un moment, le président se penche pour regarder quelque chose sur cette table... La jeune femme se penche aussi. Et elle fait signe à un ami de prendre une photo. On sent qu’elle veut une photo où elle apparaisse, même si c’est une illusion d’optique, sur même plan que le président. En gros, comme s’ils faisaient la visite ensemble. Ça peut faire bien sur un tract, on ne sait jamais.

En fait, cette femme est la candidate UDI du coin, elle s’appelle Teaki Dupont. Et se présente, quand on discute avec elle, comme faisant partie de la « majorité présidentielle », donc macroniste…

Le candidat officiellement investi par Macron n'a pas du tout apprécié. Le député sortant PS, Gwendal Rouillard, qui, à un moment, s’est placé entre la jeune femme et Macron, pour montrer qui avait la vraie proximité avec le patron.

L'imminence d'une déferlante pro-Macron

Ce que révèle ce bal des prétendants, c’est que l’imminence d’une déferlante pro-Macron, est en train d’hystériser une partie de la campagne. C’est un peu "plus macroniste que moi tu meurs" !

Autre exemple, l’ancien patron du RAID, Jean-Michel Fauvergue, qui se présente pour la République en marche en Seine-et-Marne, s’en est pris à son rival socialiste Edouardo Rihan Cypel sur Twitter : « Vous n’êtes pas de la majorité présidentielle ! »

Mais le pompon, c’est dans la 9ème circonscription des Français d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Les résultats du premier tour, vous le savez, sont déjà tombés, car on vote avant pour les Français de l’étranger. Eh bien, l’ancienne sénatrice Leila Aichi est arrivée en tête. Sur ses affiches, même sur les bulletins de vote, elle apparaît sous la bannière d’En Marche.

Or, le mouvement lui a retiré son investiture. Il soutient maintenant M'jib El Guerrab. Cet ancien socialiste, qui est arrivé deuxième, menace de porter plainte contre Leila Aichi, si elle ne retire pas ses affiches. Et il dénonce, dans un communiqué, « l’utilisation abusive du logo de la république en marche » qui a « biaisé le score du premier tour ».

Bienvenue en Macronie !

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