C’est LA grosse différence avec les régionales : autant il a été relativement simple de modifier par deux fois la date du scrutin local prévu les 20 et 27 juin prochains, et qui devait initialement se tenir en mars dernier ; autant, il est nettement plus difficile de jouer avec le calendrier de la présidentielle.

Présidentielle 2022 : la date du scrutin vire au casse-tête pour l’exécutif
Présidentielle 2022 : la date du scrutin vire au casse-tête pour l’exécutif © AFP / CONSTANT FORME-BECHERAT / HANS LUCAS

Parce que même dans le cas où la crise sanitaire se poursuivait, le Conseil Constitutionnel sera bien plus regardant sur la durée du mandat du chef de l’État, qui ne peut dépasser les 5 ans sous aucun prétexte. 

Traditionnellement, vous le savez, le premier tour a donc lieu fin avril, et le second début mai, quinze jours plus tard. Mais l’année 2022 est en train de donner du fil à retordre à Matignon et à Beauvau, où l’on fait face à une  presqu'insoluble. 

Les deux premiers dimanches du mois de mai 2022 tomberont le 1er et le 8

Soit deux jours fériés. Bref, autant vous dire qu’il est compliqué d’appeler les électeurs aux urnes ces jours-là. 

Le premier réflexe serait donc de se dire qu’on va organiser la présidentielle en avril, le 10 et le 24 par exemple. Ça n’est jamais arrivé mais pourquoi pas. Sauf que ça coince, là encore, parce que les trois zones seront alors simultanément en vacances, ce qui serait une première depuis que l’élection a lieu au printemps.  

Et puis comme si tout cela n’était pas déjà assez compliqué : avant, donc en mars, c’est trop tôt, et après, donc en mai, c’est trop tard.

Pourquoi ne pas justement profiter de ces jours chômés pour organiser l’élection ?

Car au sein de l’exécutif, on redoute que tout cela favorise l’abstention. Laquelle n’en finit pas de battre des records depuis 2017, que ce soit à la présidentielle, aux européennes, aux municipales. Et même aux quatre législatives partielles qui se sont tenues hier. 

Or, il y a malheureusement fort à parier que l’année et demi qui vient de s’écouler, marquée par le Covid-19, les confinements à répétition et les longs mois de fermetures n’ait rien arrangé au malaise démocratique grandissant dans le pays. 

L'équipe