Ils sont de plus en plus remontés contre le gouvernement, mais surtout contre la méthode d’Emmanuel Macron.

Par Renaud Dély.

La CGT de Philippe Martinez tempête depuis le premier jour de son élection et il n’y a donc d’étonnant. Force Ouvrière, c’est plus neuf. Jean-Claude Mailly avait soutenu les ordonnances sur le code du Travail. Mais FO n’a pas obtenu grand chose en retour et le syndicat a basculé à son tour dans une violente opposition au pouvoir incarnée par le successeur de Mailly, le tonitruant Pascal Pavageau.  Et cela fait un petit moment que la CFDT monte en pression. On l’a vu chez les cheminots ou dans la fonction publique. 

Et voilà que Laurent Berger hausse le ton dans une interview publiée par Les Echos. Il reproche à Emmanuel Macron de piétiner les corps intermédiaires. Avec lui, « soit on est d’accord sur tout, soit on n’a pas voix au chapitre », déplore-t-il. Il accuse le chef de l’Etat de vouloir « imposer une relation directe avec le peuple qui est dangereuse pour la démocratie ». L’accusation est d’autant plus lourde que pour mettre en colère Laurent Berger, cet apôtre du dialogue social, toujours prêt à négocier, il faut y mettre du sien.  Comment Emmanuel Macron y-est-il arrivé ?  La CFDT est en train de découvrir qu’il y a tromperie sur la marchandise. Le candidat Macron se peignait en héritier de la « deuxième gauche », fidèle aux enseignements de Michel Rocard. Et depuis un an, il impose ses réformes d’en haut, sans faiblir certes, mais aussi sans discuter. Il met en scène une forme de verticalité bonapartiste qui n’a rien à voir avec le rocardisme. Comme s’il voulait étouffer toute voix réformiste, syndicale ou politique, pour contraindre ses opposants à se radicaliser et s’affirmer en seule alternative raisonnable. Et ça, forcément, cela énerve la CFDT qui ne veut pas tomber dans ce piège.

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