Nous sommes à dix-neuf jours du scrutin des européennes. Emmanuel Macron est entré en campagne, mais d'une façon un peu particulière.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Getty / Aurelien Meunier

Au début, il était question qu'Emmanuel Macron participe à un meeting

Ses amis avaient décortiqué la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2009. Et c'était ce qu'avait fait l'ancien président. Il s'agissait de s'en inspirer.

Mais aujourd'hui, Macron hésite. Pour plusieurs raisons.

Il voit bien que la campagne de Nathalie Loiseau est chaotique.

Il voit bien qu'aller dans un meeting c'est prendre le risque que des gilets jaunes le sifflent. Hier, c'est arrivé à Caen, j'y étais, avant le discours du Premier Ministre, des gens ont dû être exfiltrer.Et puis il a des opposants qui ne rêvent que de ça. Transformer les Européennes en référendum anti-Macron.

Alors, changement de stratégie. On a une campagne subliminale, en filigrane de la part de Macron. Il est partout, il inonde l'espace médiatique de messages, mais il reste prudemment à distance...

Par exemple...

Prenez la journée d'hier. On a vu Emmanuel Macron improviser pas moins de trois conférences de presse d'affilée, dans la cour de l'Elysée.

Avec le secrétaire général du conseil de l'Europe. Avec le Premier Ministre des Pays-Bas.A chaque fois, Macron a promis une Europe grande et ambitieuse...

Il a aussi été question de quelque chose de tragique. La disparition des espèces animales. Un million d'espèces qui sont concernées... Ça, c'était avec les plus grands experts du sujet, qu'il a reçus. Et devant lesquels il a fait des annonces : plus de zones naturelles protégées, moins de gaspillage alimentaire, accélérer le recyclage des plastiques.

Et puis ce vendredi, le président reçoit le patron de Facebook Mark Zuckerberg. Ça parlera de la régulation d'internet. On aura à coup sûr la petite photo qui va bien...

Comme on a eu, la semaine dernière, la photo de Macron avec son homologue italien Sergio Mattarella, à Chambord pour fêter Leonard de Vinci, le génie des génies européens...

Nathalie Loiseau aurait pourtant bien besoin pourtant d'une aide claire de la part du président, non ?

Macron ne descend pas dans l'arène. En revanche, il a demandé au gouvernement de le faire. Et il a mis la pression aux ministres. En leur disant qu'il y aurait sans doute un gros remaniement dans quelques semaines.

Le résultat, c'est que les ministres se sont rués hier dans les meetings. A Caen, il y en avait trois, en plus du Premier Ministre. A Paris, il y en en avait plusieurs. On en a vu aussi à Orléans. C'est un peu : "Tout le monde sur le pont... Sauf moi !"
 

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