Par Marcelo Wesfreid

On a beaucoup dit, la semaine dernière, qu'Emmanuel Macron se préparait en coulisses, au cas où, pour la présidentielle.

Emmanuel Macron n'est pas mécontent de cette déferlante d'article à son sujet. Il dit à ses amis : « Ces articles, ça ne peut pas nuire, ça fait s'agiter les gens autour de nous ».

« S'agiter les gens »... Il la cherche, cette publicité. Pas pour avoir plus de notoriété. Macron est tranquille de ce côté-là, mais il veut voir comment ça passe dans l'opinion publique, l'idée qu'il peut être un recours...

Alors, samedi prochain, va avoir lieu un événement, qui va être, je pense, assez suivi : c'est la naissance d'un think tank, un nouveau laboratoire d'idées : « La gauche libre ». Le groupe se lance avec l'association « les jeunes avec Macron ».

Macron n'a rien à voir avec cette initiative. Ce sont des admirateurs. Il n'ira pas, d'ailleurs. Il a en revanche demandé à des proches d'aller voir à quoi ça ressemble, pour contrôler, quand même...

Emmanuel Macron a fait de la provocation un mode d'action politique
Emmanuel Macron a fait de la provocation un mode d'action politique © MaxPPP

Quand il s'agit de ses vraies manœuvres, Macron ne fait aucune publicité. Car il tisse sa toile, cela c'est sûr. Cela défile dans son bureau au ministère. Des députés, des premiers fédéraux du PS. Il les reçoit, petit déjeune, déjeune avec eux. Il les écoute, Cela les flatte... Il leur explique que lui, Macron, il saurait réformer, sans brutaliser personne...

Vous l'aurez compris : son grand truc c'est de se poser en anti-Valls. Cela lui rallie pas mal de gens. Des Hollandais qui n'aiment pas le premier ministre, des proches de Moscovici, de Montebourg, de Peillon...

Et tout ce réseautage, ça commence à énerver certains membres du gouvernement, et pas que Manuel Valls. Ils trouvent qu'il ferait mieux de s'occuper de son sujet : l'économie française.

La semaine dernière, Cazeneuve s'est énervé après une interview de Macron dans la presse britannique. Macron s'exprimait sur le problème des réfugiés en cas de Brexit. Il marchait sur les plates-bandes du Ministre de l'Intérieur.

Vendredi, un Ministre m'a dit :« Macron ne bosse plus. C'est tout pour sa gueule. Il pourrait au moins être avec Myriam El Khomri quand elle annonce les chiffres du chômage. Après tout, c'est lui le responsable... »

Vous l'aurez compris, le chouchou des sondages ne s'est pas fait que des amis.

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