par Jean-Baptistes Daoulas

A l’UDI, ils misaient sur un plan J comme Juppé, et ils se retrouvent le bec dans l’eau puisque hier soir François Fillon a décidé de se maintenir contre vents et marées

Oui, et je peux vous dire que les dirigeants de l’UDI sont franchement dépités. L’un d’eux me confiait hier soir après le maintien de François Fillon : “On est désarmés. On ne peut ni rester chez Fillon, ni aller chez Macron. L’UDI est en danger de mort’.

Danger, parce que, sous couvert de off, ce même responsable est bien obligé de reconnaître que des militants et des élus locaux du parti sont en train de partir à vitesse grand V chez Emmanuel Macron.

On peut donc s’attendre à un comité politique très tendu ce soir au siège de l’UDI. Il faudra choisir entre deux options : soit, retourner un peu piteusement derrière le candidat des Républicains, avec lesquels ils ont négocié un accord pour les élections législatives. Les mauvaises langues diraient “aller à la soupe”. C’est plutôt la solution défendue par Hervé Morin. Soit rester en retrait et ne soutenir personne à l’élection présidentielle. C’est l’option privilégiée par le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde.

Mais pourquoi ce ne serait pas une option de soutenir Emmanuel Macron ?

A cette question, un ténor de l’UDI m’a répondu par une autre question : “Vous nous imaginez faire campagne avec l’ancien communiste Robert Hue et l’écologiste François de Rugy ?” Les alliés naturels de l’UDI, ça reste historiquement la droite. Et encore la semaine dernière, Jean-Christophe Lagarde tentait de convaincre ses troupes de ne pas partir chez Macron en leur disant : “On ne quitte pas les Républicains pour aller ailleurs.”

Et puis, comme le note avec une pointe de méchanceté un dirigeant Les Républicains, si les députés UDI partaient chez Macron, ils risqueraient de perdre des sièges, et donc de l’argent. Pourquoi ? Parce que le mouvement En Marche exige la parité et le renouvellement dans les investitures. Or, le groupe UDI, c’est 25 députés hommes et seulement deux femmes. Chez Emmanuel Macron, il n’y aurait donc pas de la place pour tout le monde.

Est-ce que les Républicains pourraient sanctionner l’UDI si les centristes refusent de soutenir François Fillon ?

La tentation, elle existe. Le téléphone de Jean-François Lamour n’arrête pas de sonner depuis quelques jours. C’est lui qui est chargé des investitures pour les Républicains, et il me confiait hier qu’il reçoit tous les jours des messages de militants LR qui voudraient bien récupérer la soixantaine de bonnes circonscriptions accordées aux centristes.

Officiellement, la menace ne fait pas du tout peur à Hervé Marseille, qui, lui, a négocié l’accord pour le compte de l’UDI. “Avec le niveau atteint par le Front national, dit-il, on joue à se faire peur. Il y aura forcément un accord”.

Bref, tout ce petit monde sera bien obligé de se retrouver après la présidentielle.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.