C’est demain la journée des droits des femmes. Le gouvernement va annoncer de nouvelles mesures, mais au fait, où en est-il de la parité ?

Par Marcelo Wesfreid.

Incontestablement, on va dans le bon sens depuis quelques années. Car il faut être juste : c’est François Hollande qui a lancé ce mouvement de fond. En instaurant la parité au gouvernement. Emmanuel Macron est allé encore plus loin. Un ministre sur deux est une femme et la moitié de ses députés à l’assemblée sont des femmes. L’objectif est donc atteint si on regarde la devanture, mais dans le détail, je veux parler des postes clés, vous allez voir il reste encore du boulot : Premier ministre ? c’est un homme. Président de l’assemblée nationale ? François de Rugy.  Présidences des groupes parlementaires de la majorité ? Des hommes pour LREM à l’assemblée et au sénat. Un homme à la tête du groupe Modem au palais bourbon. Cela donne des réunions sous le haut patronage de la testostérone. Exemple : chaque mardi, vous avez le petit déjeuner de la majorité à Matignon. Les personnes clés, autour des croissants : c’est Édouard Philippe, c’est François de Rugy, Christophe Castaner, le secrétaire d’état aux relations avec le parlement, c’est les députés Richard Ferrand, Marc Fesneau, c’est le sénateur François Patriat…. 

Et dans les cabinets ministériels, c’est pire

On dirait un vestiaire de rugby. Le secrétaire général de l’Élysée, poste majeur de la République : un homme. Idem pour le directeur de cabinet du président, du premier ministre, du ministre de l’intérieur, de l’économie, des affaires étrangères. La ministre des armées et la garde des sceaux ont choisi aussi des hommes. Dans les ministres de premier plan, seul Hulot a choisi une directrice de cabinet. Bref, la devanture est paritaire, mais que la devanture du magasin.

L’exécutif a une chance : c’est que cela ne se voit pas trop

 Sans doute parce que sa secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes, la très médiatique Marlène Schiappa compense un peu, elle provoque le débat, elle porte des messages forts. Elle vient de dévoiler que l’âge du consentement sexuel serait de 15 ans. Et puis, l’onde de choc Weinstein a changé la donne, plus globalement. Aujourd’hui, Edouard Philippe va faire des annonces sur l’égalité salariale, et demain de nouvelles annonces. Il ne reste plus qu’à passer des promesses aux actes. Et peut-être qu’un jour on ne parlera plus du 8 mars.

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