Il est le président Les Républicains du Sénat et incarne à ce titre une opposition résolue à Emmanuel Macron. Mais pourtant les deux hommes se ménagent.

Par Jannick Alimi

Gérard Larcher devrait être un des opposants les plus farouches à Emmanuel Macron, avec la baisse cette année des dotations aux collectivités locales dont le Sénat, on le sait, est l’émanation, la disparition de la taxe d’habitation,  baisse des APL… En plus, la droite et les centristes sont majoritaires au Sénat et sa parole à lui, Larcher, a le pouvoir de nuisance que lui confèrent sa personnalité, sa fonction et son expérience. Et pourtant, Larcher ne donne pas dans l’opposition systématique. Contrairement aux députés Les Républicains,, il vient de faire voter la loi contre le terrorisme. Et selon mes informations, le premier ministre vient de le contacter afin que le Sénat ne fasse pas obstacle à la taxe sur les entreprises qui doit remplacer celle de 3% sur les dividendes jugée inconstitutionnelle.  Et au nom de l’équilibre des finances publiques, Larcher a accepté…

Mais quel est son intérêt ?

Un de ses proches me confiait : « Larcher a très vite compris qu’avec Macron, il avait face à lui un président autrement plus déterminé qu’un Hollande et autrement plus menaçant qu’un Sarkozy. Alors mieux vaut pour lui jouer le jeu. » Les deux hommes, dès juillet, ont jeté les bases de leur « entente cordiale ». Et pour Larcher, il y a deux lignes rouges : la garantie que le Sénat ne va pas disparaître et le respect des territoires… 

Quel bénéfice Emmanuel Macron espère-t-il tirer de ce « Je t’aime moi non plus ? »

Dans l’entourage du chef de l’Etat, on reconnaît que le président avait sous-estimé les besoins et la force de contestation des villes, des départements, des régions. Alors Larcher l’informe et même lui en apprend beaucoup. Mais un Larcher conciliant, c’est aussi pour Macron qui y tient beaucoup l’assurance de faire passer sa révision constitutionnelle. Enfin, Larcher est friand de groupes de travail trans-partisans, sur la réforme des institutions ou sur le logement. Et pour Macron qui voit une droite se reconstituer avec Laurent Wauquiez, dialoguer et réformer avec un Larcher est utile voire déterminant. Comme quoi on peut être comme l’ancien vétérinaire qu’est Larcher un vieil animal politique et jouer en même temps un rôle essentiel dans le « nouveau monde » qui, dit-on, vient de s’ouvrir. 

 

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.