En-fin ! C’est ce qu’on pouvait se dire vendredi à la lecture de l’entretien du Ministre du Travail, François Rebsamen dans le Miroir , un hebdomadaire de Dijon dont Rebsamen est l’élu.

En-fin, une parole sans langue de bois expliquant sans tergiverser la politique du gouvernement. On a même vu un cap se dessiner.

Sauf que voilà, c’était trop beau pour être vrai. Ou plutôt, c’était vrai, mais il n’était pas beau de le dire. Rebsamen a démenti ses propos après les avoir lui-même relayés sur les réseaux sociaux. C’est vous dire le crédit qu’il faut accorder à ce rétropédalage.

François Rebsamen
François Rebsamen © CC Philippe Grangeaud - Solfé Communications

Attention aux oreilles chastes. François Rebsamen explique que « quand on fait une politique de l’offre, on est obligé d’être en accord avec l’entreprise ». Sacrilège !

Que « le droit » qui régit la vie des entreprises « doit être réel et pas formel ». Blasphème ! « Je me bats, dit aussi Rebsamen, pour une vision libérale de l’économie, de la vie de l’entreprise ». Avec, prend-il soin d'ajouter, « des droits sociaux ». Mais l’outrance était déjà trop grande !

Je me moque, mais voilà de quoi souffre encore et toujours ce gouvernement: refuser de mettre des mots, des vrais sur ce qu’il fait vraiment. Sans se cacher derrière son petit doigt. Quitte à être impopulaire, faire preuve d'honnêteté.

François Hollande s’y est essayé. C’était la semaine dernière à l’Elysée, devant des jeunes entrepreneurs :

Reconnaissons que c’est un peu maladroit. Il a ajouté à la franchise une dose de cynisme. Encore un petit effort et François Hollande trouvera le juste curseur.

Pas la peine d’en rajouter en effet car comme le dit très justement François Rebsamen -à qui il ne manque plus qu’un peu de courage : les « Français sont bien plus en avance que nous sur la nécessité d’un certain pragmatisme en économie ».

Les Français sont visiblement prêts à aller plus loin.

Si l’on en croit un énième sondage paru dans l’Opinion hier, plus de la moitié des Français jugent qu’il est possible d’avoir des services publics de qualité tout en réduisant le nombre de fonctionnaires. Parmi eux, 40% sont des salariés de la fonction publique. C’est le pouvoir qui souffre d’autisme, pas les Français, qu’ils soient de droite ou de gauche.

Mais il ne faut pas perdre espoir.André Vallini, le secrétaire d’Etat à la réforme territoriale, proche de François Hollande tout comme François Rebsamen, s’apprête à faire campagne dans son département de l’Isère, sur l’augmentation du temps de travail des agents de son conseil général. Cela figure dans son bilan pour les prochaines cantonales. Mais attention, André Vallini va-t-il devoir en rougir et revenir en arrière ?

On peut en sourire – en ces temps sombres ce n’est déjà pas si mal- mais plus sérieusement la gauche peut bien se transformer... tant qu’elle sera honteuse, elle n’arrivera pas à redonner confiance. Elle agira en vain.

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