Ces derniers jours, les cafouillages de communication ont atteint des sommets…

Paris Jussieu - université parisienne
Paris Jussieu - université parisienne © Getty / Frédéric Soltan/Corbis

Lundi, le préfet de de police de Paris, Didier Lallement, plombe l’ambiance. Il annonce que 40% des clusters – si vous voulez, des foyers d’infection – se trouvent dans les établissements scolaires. Panique chez les parents d’élèves. Qui posent une question de bon sens. Si les écoles sont si dangereuses, pourquoi avoir allégé le protocole sanitaire ?

La déclaration du préfet a fait bondir Jean-Michel Blanquer : pour le ministre de l’Éducation nationale, ces chiffres ne veulent rien dire. Il a mélangé les universités, où les cas sont nombreux, avec les écoles. Bref, "des choux et des carottes". Voilà son explication. 

Olivier Véran dit, lui, que les clusters dans les écoles ne "l’inquiètent pas", parce que les enfants sont peu contagieux… De toute façon, dit Véran, l’essentiel des contaminations n’a pas lieu dans les clusters, mais un peu partout. En gros, les gens que vous croisez ici ou là…  

Difficile de s’y retrouver…

Soyons juste. La communication du gouvernement est confuse, mais à l’image de notre connaissance du virus… Encore embryonnaire.  Et, dans ce grand brouillard, les politiques se repassent la patate chaude. 

Hier soir, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebarri publie sur Twitter un classement des clusters. Dans lesquels son secteur – les avions, les bateaux, les trains – arrive en dixième position. Sous-entendu : pas de panique, vous pouvez prendre le métro. 

J’ai regardé en détail ce tableau. Et il apparaît que "milieu scolaire et universitaire" arrive en deuxième. Juste derrière les "entreprises privées". Encore un nouveau podium, différent des précédents. Les crèches, qui sont classées à part (pourquoi, je vous le demande ?) occupent la 8e place. 

On croule sous les statistiques et elles disent des choses contradictoires !

Oui, tout est illisible. Les chiffres, comme les décisions de l’exécutif. Regardez les restaurants, on les a fermés, puis rouverts à Marseille. A Paris, on a autorisé les restos mais pas les bars. 

Le Premier ministre lui-même s’est emmêlé les pinceaux sur les piscines. Il était interrogé dans l’émission Vous avez la parole de France 2. Il ne savait plus si elles ouvraient ou si elles fermaient. 

C’est une matière tellement glissante que le chef de l’État s’est prudemment retiré de la communication sanitaire. Alors qu’il prenait la parole presque tous les soirs au début de l’épidémie, il laisse désormais la gestion de crise à son gouvernement. Chacun ses problèmes.  

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France