Vincent Peillon, l’ancien ministre de l’Education s’apprête à se lancer dans la primaire de la gauche. Une vraie surprise.

Vincent Peillon en septembre 2013 à La Réunion
Vincent Peillon en septembre 2013 à La Réunion © AFP / NICOLAS TUCAT

Par Renaud Dély.

Pour une surprise, c’est une surprise car Peillon, c’est ce qu’on appelle un revenant.

Certes, il est toujours député européen mais il avait disparu de la scène politique nationale depuis plus de deux ans et demi, depuis qu’il a quitté le gouvernement, en avril 2014.

Et la dernière fois que je l’ai vu, je n’aurais vraiment jamais, mais alors jamais pensé qu’il envisagerait de se présenter à la présidentielle…

C’était à Bruxelles, à la terrasse d’une pizzeria. Il faisait grand beau. Nous étions en juin 2015. Et Vincent Peillon lézardait au soleil. Il me racontait à quel point il avait souffert comme Ministre de l’Education : les pièges tendus par ses vrais-faux camarades, l’immobilisme du fameux « mammouth » de l’Education Nationale impossible à bouger, la mollesse de François Hollande, la faiblesse de Jean-Marc Ayrault, le côté superficiel des médias qui sautent sur la moindre petite phrase pour entretenir des polémiques à deux balles, tout ça, il en avait ras-le bol Vincent Peillon !

«Vous voyez Renaud, loin de Paris et loin de tous ces médiocres, je suis heureux… », répétait-il.

Il m’avait parlé de son bonheur sur un mode « la vie est ailleurs », ses cours de philo en Suisse, à Neufchâtel, car comme vous le savez, Vincent Peillon est philosophe. Et il avait des projets très éloignés de la politique : il était en plein dans l’écriture d’un roman qui est paru depuis.

Je vous le recommande, ça s’appelle Aurora et il y a plein, plein de suspense et de rebondissements…

Pas comme la primaire de la gauche puisque dans son roman, on trouve un ancien nazi, un réseau de trafiquants et des agents du Mossad, les services secrets israéliens. Et puis surtout, c’est vraiment passionnant, plus encore que la primaire où l’annonce de sa future candidature a jeté un froid.

Je peux vous dire que chez Valls comme chez Montebourg, qui connaissent son tempérament de bagarreur, on pétoche un peu sur les dégâts qu’il pourrait commettre. Même si personne ne pense qu’il puisse gagner…

Hier, un député socialiste me disait : « Ce qui nous menace, c’est le syndrome Fillon, depuis que c’est celui que personne n’attendait qui a gagné à droite, tous les socialistes pensent qu’ils ont leur chance… » Et Peillon, ça finit comme… Fillon !

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