Emmanuel Macron s’inquiète de devenir la cible d’une campagne de la Russie contre lui.

Emmanuel Macron le 3 février 2017
Emmanuel Macron le 3 février 2017 © AFP / ERIC PIERMONT

Par François-Xavier Bourmaud.

C’était la semaine dernière au QG d’Emmanuel Macron à Paris dans la cellule numérique qui s’occupe, entre autres, de surveiller toutes les informations qui circulent sur lui. D’abord un tweet, puis quelques autres et très vite l’avalanche dans ce que l’on appelle la facho sphère. Tous s’échangent le même message : le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, assure à l’agence de presse Russe Izvestia qu’il détient des mails d’Hillary Clinton où figurent des informations compromettantes sur le parcours professionnel et la vie privée d’Emmanuel Macron.

Lesquelles ? Ce n’est pas complètement précisé, mais ce qui alerte surtout l’équipe d’Emmanuel Macron, c’est de voir que ces informations sont reprises sur deux sites Russes publiés en Français: Sputnik et Russia Today. Du coup, ils n’ont aucun doute. Ce qui se passe en France avec Emmanuel Macron, c’est exactement la même chose que ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec Hillary Clinton : les Russes essayent de peser sur la campagne électorale en publiant des « fake news ». Et c’est même un très proche d’Emmanuel Macron qui s’alarme : « Ça prend une ampleur telle que cela peut déstabiliser l’élection présidentielle ». Du coup, forcément, tous les regards macronistes se tournent vers les candidats plutôt favorables au régime de Vladimir Poutine : Marine Le Pen et François Fillon.

Ils ne peuvent pas les accuser publiquement, bien sûr, même s’ils ont des doutes et qu’ils observent que le député des Républicains Nicolas Dhuicq a accordé une interview à Sputnik où il accuse Emmanuel Macron d’être sous l’influence d’un mystérieux « lobby gay », ils ne peuvent rien faire. Et c’est là où ça devient compliqué parce qu’il faut quand même tout faire pour enrayer la circulation des « fake news » et des rumeurs. Mais le problème quand vous démentez une rumeur, c’est que vous la faites circuler, c’est que vous l’apprenez à des gens qui n’étaient pas du tout au courant. Donc vous êtes coincé. Sauf que là, il y a le feu et que, quand il y a le feu, l’urgence c’est de l’éteindre. C’est ce week-end que la contre-attaque s’est organisée avec l’entourage proche d’Emmanuel Macron. Ils ont étudié toutes les options. Pas question d’une conférence de presse ou d’un communiqué, ça fait trop officiel. Pas question non plus d’une intervention dans les médias, c’est trop décalé. C’est une sorte de format « familial » si l’on peut dire qui est retenu : une visite surprise dans une réunion de militants d’En Marche ! à Paris et une intervention d’Emmanuel Macron. Pas trop de presse et juste un message : ne croyez pas aux rumeurs sur ma vie privée.

Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron se retrouve pris dans une polémique. Non. Il avait déjà eu un avant-goût de ce qui l’attendait en juin dernier quand Mediapart avait révélé que, contrairement à ce qu’il assurait, il était bien assujetti à l’ISF. Sur sa vie privée aussi les rumeurs circulaient depuis longtemps. Et c’est aussi pour les démentir qu’il avait fait autant de Unes de Paris-Match avec sa femme. Mais là, c’est la campagne présidentielle avec tout ce que cela suppose de polémiques et de violence. Regardez ce qui arrive à François Fillon. Alors du coup, chez Emmanuel Macron, on a très peur d’être les prochains sur la liste. Et depuis l’affaire des sites russes, on s’attend à tout et surtout au pire.

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