L’expression est dans toutes les bouches. Que ce soit à l’Élysée, au gouvernement ou à La République en marche. Il y a urgence à refaire de Marine Le Pen un "ennemi" politique, et pas simplement un "adversaire" comme les autres.

Marine Le Pen, président du Rassemblement national
Marine Le Pen, président du Rassemblement national © AFP / Thomas SAMSON

Le déclic, ça a évidemment été les récents sondages, qui montrent que la patronne du Rassemblement national est en capacité de l’emporter en 2022. Ce qui, jusqu’à présent, n’avait encore jamais été le cas. 

La faute, bien sûr, à la place que prennent certains thèmes dans le débat public - je pense aux frontières, à l’immigration ou à l’islamisme. Mais la faute, aussi, à l'attitude presque irréprochable de Marine Le Pen qui réalise un quasi-sans faute dans cette crise sanitaire en réussissant à s’opposer à l’exécutif sans céder aux excès et aux caricatures dont font parfois preuve la France Insoumise ou Les Républicains. 

Sait-on déjà comment les marcheurs comptent s’y prendre pour contrer le RN ?

Il n’y a pas encore de position unanime mais chacun a déjà une petite idée de la stratégie qu’il va mettre en œuvre. Il y a ceux qui considèrent par exemple qu’il faut renvoyer Marine Le Pen à son passé d’extrême droite et au Front national de son père. Il y en a d’autres qui trouvent au contraire que cet argument est dépassé, et qu’il est temps de renouveler le discours. 

Et puis entre les deux il y a Emmanuel Macron, qui pense que son bilan sera son meilleur argument. C’est pourquoi il va se démultiplier sur tous les terrains d’ici la fin du quinquennat : le sécuritaire, avec la loi séparatisme examinée en ce moment à l’Assemblée ; l’écologie, avec le texte de la Convention climat qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres ; et le social, avec le plan égalité des chances, qui fera l’objet d’un déplacement en fin de semaine.

En attendant que la campagne démarre, qui va être envoyé aux avant-postes pour croiser le fer ?

Alors toutes les bonnes volontés seront évidemment les bienvenues. Mais il y en a quelques-uns qui manifestent plus d’envie que les autres. C’est notamment le cas du Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, du secrétaire d’État Clément Beaune, ou encore du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Lequel aura d’ailleurs l’occasion de le prouver jeudi soir, sur France 2, où il va débattre durant 45 minutes avec Marine Le Pen. Une confrontation qui donnera un avant-goût de ce à quoi vont ressembler les quinze prochains mois.

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