jean-marie le pen juge christiane taubira anti-française
jean-marie le pen juge christiane taubira anti-française © reuters

Christiane Taubira, qui était la femme politique de l'année 2013, aurait déçu.

A la hauteur de l’enthousiasme qu’elle a suscité. Souvenez-vous: il y a un an, Christiane Taubira prononçait son discours d’ouverture des débats sur le mariage pour tous. Des débats interminables -le texte n’a été adopté que trois mois plus tard. Mais qui ont révélé la ministre de la Justice.

Taubira, grande oratrice, a multiplié les discours truffés de poésie. On l’a vue sérieuse, drôle, convaincante, émouvante. Ecoutez-la annoncer la loi à l’Assemblée la loi sur le mariage. Elle cite le poète Léon-Gontran Damas :

C’est beau et le peuple de gauche était plus qu’ému. Christiane Taubira devient le symbole que la gauche au pouvoir peut significativement faire évoluer la société vers plus de modernité. Alors que depuis l’abolition de la peine de mort, l’autorisation de la pilule et la légalisation de l’avortement, et le PACS, il n’y avait pas vraiment eu de grande avancée sociétale.

Ensuite, Christiane Taubira s’est attelée à la réforme pénale. Cela c’est beaucoup moins bien passé. La réforme a été contestée par le monde judiciaire. Les syndicats de gauche à droite n’ont pas compris comment elle serait financée. Finalement, le pouvoir a carrément reporté l’examen du texte… après les municipales ! Autre difficulté, les avocats sont parvenus à lui faire abandonner la réforme de l’aide juridictionnelle pour les plus démunis. Et avec eux, le bras de fer continue. La possibilité de supprimer le passage devant le juge lors des divorces par consentement mutuel, que Christiane Taubira étudie actuellement, soulève des inquiétudes.

C’est assez logique qu’elle s’occupe des questions liées à son ministère. D’ailleurs, ses camarades se gardent bien de l’attaquer. « Elle fait très bien un des métiers les plus durs, les plus exposés », assure-t-on dans l’entourage de Jean-Marc Ayrault.

Et puis rien ne lui a été épargné. La droite en a fait sa cible favorite en la jugeant trop laxiste.

Et que dire de l’extrême droite, le summum ayant été atteint avec la Une inqualifiable du journal Minute , la comparant à un singe. Elle a été extrêmement heurtée d’être traité de la sorte.

A présent, elle veut dire et montrer qu’elle est au dessus du lot. Qu’elle est libre, celle qui n’est pas du PS, mais du PRG . Deux petits exemples pour l’illustrer.

Cette tribune au Huffington post sur l’affaire Dieudonné publiée le 3 janvier. L’air de rien, elle se paye Manuel Valls. On savait leur relation compliquée, en voilà une nouvelle preuve. « La liberté d’expression doit demeurer le principe », écrit Taubira, façon de désapprouver la volonté d’interdire a priori les spectacles Dieudonné. Et de favoriser la condamnation systématique des propos délictueux.

Et puis il y a ce reportage dans Paris Match cette semaine. Six pages très intimes. Elle y parle de sa mère et de son ancien mari, qu’elle aime toujours. Il est peu question de politique, un peu tout de même. Lorsque la journaliste lui demande si elle accepterait le poste de Premier ministre elle répond : « ça va pas non chez vous ! J’en ai sincèrement aucune envie. »

Pour la petite histoire, juste avant le coup de fil de Jean-Marc Ayrault lui proposant la Justice, elle avait décidé d’arrêter la politique.

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