La taxe d'habitation pourrait être maintenue pour les plus riches. Le sujet sera en tout cas au menu du grand débat national qui doit s'ouvrir la semaine prochaine.

Les gilets jaunes n’ont pourtant qu’un mot à la bouche: l’ISF. Ils veulent qu’on rétablisse l’Impôt sur la fortune. Mais pour le pouvoir, c’est non. Pas question d’en discuter. Alors, pour montrer aux gilets jaunes qu’Emmanuel Macron n’est pas la président des riches, le ministre de l’Economie Bruno le Maire a eu une idée : c’est d’ouvrir un autre sujet, dont personne ne parlait. Cela s’appelle une diversion. A savoir, donc, revenir sur la suppression de la taxe d’habitation pour les plus riches. 

L’ironie de l’histoire, c’est que c’est le programme initial de la campagne. Pendant la présidentielle, Emmanuel Macron avait été très clair : il avait promis d’exonérer 80% des ménages. Avant de changer d’avis. Pour une raison simple, d’ailleurs. C’est que le conseil constitutionnel est très tatillon sur la question de ce qu’on appelle l’égalité des Français devant l’impôt. En clair, il aurait pu retoqué la réforme si elle n’avait pas concerné tous les Français. 

Le gouvernement ferait donc marche arrière? 

Il aura fait un pas en avant, un pas en arrière, un pas en avant... C’est très mauvais en économie. Cela crée de l’instabilité. Il y a 4 millions de foyers qui vont sans doute – si ça se confirme - continuer à payer la taxe habitation à la fin du quinquennat. Et cela ne concerne pas que les milliardaires. Par exemple, les célibataires qui touchent plus de 2500 euros par mois sont concernés: c’est lourd de conséquences. Cela concerne le socle sociologique des gens qui ont voté pour Emmanuel Macron. C’est-à-dire que pour donner des gages aux gilets jaunes, l’exécutif prend un énorme risque électoral. Et juridique, parce qu’on retombe à nouveau sur le problème de l’égalité des Français devant l’impôt. Tout cela, sans savoir si cela va contenter les gilets jaunes.  

Le gouvernement pensait que mouvement allait s’enliser. Ce n’est pas le cas. Résultat, c’est panique à bord. Alors, les ministres tirent un peu sur toutes les leviers en même temps : les discours sécuritaires, les gestes pour les smicards, la fiscalité et le grand débat. Mais un débat, on vient de le voir avec des sujets tabous – l’ISF - et des sujets recommandés – la taxe d’habitation. On se dirige tout droit vers un dialogue de sourd.

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