Le remaniement ministériel annoncé pourrait être un piège pour les ambitieux. Nous assistons en ce moment à un phénomène politique saisonnier : "le bal des prétendants".

Gérald Darmanin ou encore Marlène Schiappa vont-ils accéder à de nouveaux postes ?
Gérald Darmanin ou encore Marlène Schiappa vont-ils accéder à de nouveaux postes ? © Maxppp / Aurelien Morissard / Thomas Padilla

Après Gérald Darmanin qui souhaite peser, voici donc Marlène Schiappa. La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité Hommes-femmes a expliqué hier dans le Parisien qu’elle « veut en faire plus ». Comprendre : en avoir plus. Pour tous ces ministres, il est urgent de se démarquer, surtout depuis le 13 avril lorsqu’Emmanuel Macron a annoncé sa « réinvention ». 

Immédiatement, la majorité a réagi comme toutes les autres majorités avant elle : elle s’est mise en tension comme en témoigne la note de Gilles Legendre révélée par Marianne où le patron très fragilisé des députés LREM, n’hésite pas à composer son casting idéal, sans Edouard Philippe. Car qui dit nouvel élan dit nouveau projet et donc nouvelle équipe ! 

La porte est donc ouverte au changement ? 

Il est vrai que certains ministres fatiguent après une période très dense marquée par la révolte des Gilets-jaunes, la réforme des retraites puis l’épidémie de Covid-19 et devront donc être remplacés ou déplacés avec la crise économique et sociale qui s’amorce. Mais il y aura-t-il pour autant des changements significatifs ?  

Il y a pile dix ans, le monde politique vivait une même période de flottement. Nicolas Sarkozy avait annoncé un grand remaniement et les ministres retenaient leur souffle. A l’été 2010, François Fillon, alors premier ministre s’était même rendu à Brégançon plaider sa cause. Il avait finalement été reconduit à la tête du gouvernement. Cette fois-ci, il est encore question de l’ancien président de la République qui, tiens tiens, a été invité jeudi dernier à Matignon par Edouard Philippe. Comme s’il avait le pouvoir de sauver encore un premier ministre.

Et qu’en est-il du nouveau projet présidentiel ? 

On le sait, Emmanuel Macron doit s’exprimer sur ses nouvelles orientations avant le 14 juillet. Visiblement, ce ne sera pas la révolution. Il ne devrait pas y avoir de tournant social, au grand dam d’une partie de la majorité, la réforme des retraites ne serait pas abandonnée comme on l’a cru dans un premier temps. 

Pas de retour non plus sur la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière. Un de ses interlocuteurs explique que le président n’est pas non plus très allant sur « la démondialisation ». Bref, le cap risque de ne pas dévier. Or, comme le dit l’un des visiteurs de l’Elysée le choix de l’équipe dépend du projet. Et si le projet change peu, est-il tout de même nécessaire de remplacer les hommes ? La question est en suspens et les appétits s’aiguisent.  

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