La protection des Français sera au cœur de la présidentielle 2022. C’est sans doute le point commun à tous les candidats officiels ou officieux : ils ont tous identifié chez des Français déboussolés par la pandémie et par les bouleversements qu’elle a entrainés un besoin impérieux, celui d’être protégés.

Quand vous les écoutez bien, la première ambition des politiques serait donc de défendre leurs concitoyens. 

Les défendre, mais contre quoi ? 

Les candidats ne sont absolument pas d’accord sur la potentielle menace qui pèse sur nos concitoyens. 

Prenez Jean-Luc Mélenchon par exemple. Le 16 mai dernier lors de son premier meeting de campagne, c’était à Aubin, dans l’Aveyron, il a déclaré vouloir « protéger le peuple ». Mais pas contre n’importe qui. Contre le « régime terrible » d’Emmanuel Macron. 

Xavier Bertrand vise lui aussi la même cible en expliquant à qui veut l’entendre que la protection n’est pas dans l’ADN de l’actuel président de la République et qu’il faut des actes concrets pour protéger les Français. 

Marine Le Pen prétend avant tout déployer une barrière sécuritaire et migratoire autour de nos concitoyens. Elle annonce la couleur avec le slogan des candidats du RN pour les prochaines élections : « Pour une région qui vous protège ». 

Que dit Emmanuel Macron de la protection ? 

À l’origine, c’était plutôt la « prise de risque » qui définissait le macronisme. Mais dans son « en même temps » de 2017, il incluait aussi « une Europe qui protège ».

Pour la campagne de 2022, Emmanuel Macron veut lui surtout se présenter comme un rempart derrière lequel les Français peuvent s’abriter, mais sur un axe tout à fait particulier, le quoi qu’il en coûte. 

Car c’est l’un des faits marquants de son premier déplacement dans le Lot la semaine dernière. Alors que les ministres se lamentaient il y a encore quelques semaines en expliquant en gros que les Français étaient des ingrats, nos concitoyens semblent en réalité plutôt redevables de l’argent injecté pour la sauvegarde de l’emploi et de leur niveau de vie depuis le premier confinement. 

C’est d’ailleurs pour les sondeurs, ce qui explique la bonne côte de popularité du chef de l’État. A tel point que les membres du gouvernement parlent moins de sécurité. Un ministre me l’assurait hier : « La campagne se fera sur l’emploi des gens, leur niveau de vie. Et on a de ce point de vue là un très bon bilan. »  Mais pas sûr que cela suffise à protéger Emmanuel Macron.

L'équipe