François Hollande a compris qu’il devait se mettre en mouvement s’il voulait voir sa cote de popularité remonter et avoir une chance en 2017.

françois hollande demande à être jugé à la fin de son mandat
françois hollande demande à être jugé à la fin de son mandat © reuters

Il était temps, mais l’essentiel en politique c’est d’être en mouvement. Et de ce point de vue, la séquence de cette semaine est très éclairante. Avez-vous remarqué que depuis trois semaines, il n’y a pas eu de couac gouvernemental ? C’est un ministre qui me le faisait remarquer pour insister sur le changement avec les deux premières années du quinquennat. Pas de couac, outre que cela repose les nerfs du président et du premier ministre, ça leur permet aussi de construire des séquences de communication efficaces.

Ça a été le cas en début de semaine avec la séquence de l’Elysée : des confidences distillées au Journal du dimanche pour parler aux commentateurs politiques, une interview à la radio pour s’adresser aux Français et une visite sur le terrain pour montrer que François Hollande n’est pas coupé de la population. Du classique en politique, mais il y a quelques éléments nouveaux qui montrent que le changement c’est maintenant !

Premier élément : ce que dit François Hollande. Ecoutez bien ce passage de son entretien lundi sur BFM :

C’est la première fois qu’un président reconnait qu’il n’a pas été élu sur son programme, mais sur le rejet de son prédécesseur. C’est un vrai tournant. Ça correspond à la volonté présidentielle de tenir un langage de vérité. Ça va dans le sens de la reconstruction de l’image présidentielle très abîmée dans les études d’opinion. Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture proche de lui, avait justement remarqué que la première baisse de la cote du président datait du lendemain de son intervention du 14 juillet où il n’avait pas parlé de son élection, ni de l’ampleur de la crise.

Autre élément nouveau: la coordination. Pour avoir rencontré deux ministres et un pilier de la majorité ces derniers jours, je peux vous dire que les éléments de langage sont au point.

Ecoutez Michel Sapin, il était mercredi sur RTL :

Vérité, sens des décisions… ce sont des éléments qui reviennent dans la bouche des dirigeants socialistes ces derniers jours et qui montrent une coordination de l’offensive.

François Hollande part de très loin ! 18% dans les sondages. La route sera longue alors qu’il ne lui reste que deux ans s’il veut pouvoir se représenter. Mais comme me le rappelait Stéphane Le Foll : deux ans avant la présidentielle, il n’était crédité que de 3% dans les sondages sur la primaire PS !

Comme le dit ce proche de Hollande, en politique, rien n’est impossible. Cela dit, il va lui falloir plus qu’une émission de radio, quelques applaudissements lors d’une visite de terrain et plusieurs semaines sans couac, pour retrouver la confiance perdue des Français. Mais le fait est qu’après avoir remanié le gouvernement, remanié l’Elysée, François Hollande s’est mis en campagne.

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