La compagnie aérienne traverse une zone de turbulences quasi inédite. Mais la grève confortée par le référendum pose aussi un problème très politique pour le gouvernement.

Par Jannick Alimi.

Même si l’Etat en détient encore 14% du capital. Mais le dossier est très sensible politiquement parce que la compagnie est, comme Danone, Renault ou LVMH, une cathédrale de l’économie française. Quand Air France tousse, c’est la France qui s’enrhume. Mais, c’est surtout le verdict du referendum qui, à la surprise générale, a poussé le président Jean-Marc Jannaillac vers la sortie et soutenu les revendications des pilotes qui doit interpeller le gouvernement. A posteriori, on se dit que les salariés ne pouvaient pas voter contre des augmentations de salaires.

Jusqu’à quelques minutes avant le dépouillement du scrutin, la plupart estimait que les doléances des pilotes étaient purement catégorielles, en déconnexion avec les autres salariés. Or, ce referendum pose un problème politique car il montre que derrière les pilotes, c’est toute une colère de salariés beaucoup moins bien lotis qui s’exprime. Des salariés qui n’ont pas le pouvoir de blocage des pilotes, dont le seul moyen de se faire entendre c’est de se greffer sur les exigences des pilotes, « un malaise de fond un proche de Matignon que le gouvernement devrait entendre un peu plus. »

Jusque-là plutôt discret sur le sujet, Jean-Luc Mélenchon, samedi, lors de la « Fête à Macron », a effectivement versé le dossier dans la grande convergences des luttes qu’il voudrait tant organiser. La droite, elle préfère mettre en avant les carences de l’état-actionnaire. Edouard Philippe de son coté s’est déclaré hier sur son compte Facebook préoccupé mais s’est contenté d’en appeler au conseil d’administration d’air France pour régler le problème. Fermez le ban. L’exécutif a peut-être tort de voir le doigt et non ce que montre  ce doigt. Car, au-delà d’Air France et de la colère de la majorité silencieuse de ses salariés, c’est le verdict des urnes qui pourrait finir par s’imposer au gouvernement.

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