Depuis leur ralliement à Benoît Hamon, on entend plus beaucoup moins parler des écologistes. A commencer par leurs patron Yannick Jadot.

Yannick Jadot
Yannick Jadot © AFP / PHILIPPE LOPEZ

Par Marcelo Wesfreid.

Il avait tout pour être l'une des révélations de cette présidentielle, Yannick Jadot. C'est un tribun. Il passe bien à la télé. Il est clair. Mais voilà, depuis qu'il s'est retiré de la présidentielle, une première pour un écolo depuis 1974, il a un mal fou à exister.

Hier, avec quelques journalistes, on déjeunait avec lui. Place de la République à Paris. Il n'arrêtait pas de balancer des formules assassines sur Macron.. En fait, on s'est rendu compte qu'il testait avec nous son argumentaire avant une grande émission de radio.

Ça donnait : « Avec Macron, Marine le Pen sera encore plus forte dans cinq ans », ou encore « Macron, c'est Clinton face à Trump », ou encore « Macron, il danse sur les affaires ».

Seulement, à la fin du repas, son attaché de presse lui a glissé que l'interview qu'il devait faire venait, entre temps, d'être annulée. Jadot s'est fait annulé comme un second couteau... Dur dur d'exister.

Pourtant, Yannick Jadot a obtenu un accord avec le PS, qui a fait grand bruit. Et c'est sa fierté, d'ailleurs, d'avoir arraché un « accord historique ». Rendez-vous compte. Le PS a accepté, sur un coin de table, d'en finir avec le nucléaire, c'est pas rien.

Tout ça - petit détail - ne deviendra réalité que si Benoît Hamon l'emporte. Or, le socialiste, il est en milieu de tableau. Pour l'instant quatrième. Donc, la belle négociation des écolos, elle risque de ne déboucher sur rien.

C'est à l'image de l'organigramme de campagne de Benoît Hamon. On vient d'intégrer dans l'équipe des figures comme Cécile Duflot, au nom de la fusion des équipes. Sauf que le nouveau comité politique, il ne s'est encore jamais réuni. Bref, les écolos ont disparu de cette présidentielle...

Dire que l'écologie politique est en train de disparaître, ce n'est pas tout à fait ça. Ce qui se joue dans cette présidentielle, c'est la recomposition de la gauche sur de nouvelles bases. C'est le dépassement des partis existants. Ça se fera à partir du logiciel écologique. Et Jadot aura alors son rôle à jouer, après le mois de mai.

Au passage, Jadot qui veut peser dans le paysage politique à venir, n'exclue plus l'idée d'être candidat aux législatives en Île-de-France, pour siéger à l'Assemblée.

Quand on est sorti du resto, un type anonyme, l'a reconnu. Et lui a dit : « je vous souhaite une bonne campagne, J'espère que vous serez ministre de Benoît Hamon». Il était reboosté, Jadot. La politique, c'est aussi ça: l'art de ne jamais se décourager.

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