Le « front républicain » a du plomb dans l’aile. Jean-Luc Mélenchon l’a encore confirmé pas plus tard qu’hier. L’Insoumis était l’invité de « Dimanche en politique », sur France 3, et il a assuré qu’il ne donnerait aucune consigne de vote en cas de nouveau duel Macron-Le Pen en 2022.

Ca ne changera pas  beaucoup de 2017, où il était là aussi resté muet dans  l’entre-deux-tours. Mais la différence, cette fois, c’est qu’il est loin d’être le seul sur cette position. Parce que des gens qui tiennent ce  discours, on en trouve de plus en plus dans la classe politique. 

Chez Les Républicains, d’abord, c’est le vice-président délégué du parti - le numéro 2, donc - Guillaume Peltier, qui a fait savoir la semaine  dernière, sur France 2, qu’il refuserait ce qu’il appelle un « duel  mortifère »… Autrement dit qu’il préférera voter blanc plutôt que de voter En marche!. Et au-delà de la droite, c’est surtout à gauche, en réalité, que le front républicain rencontre ses plus grosses  turbulences. Puisque les électeurs laissent entendre sondage après  sondage qu’ils pourraient tout simplement ne pas se rendre aux urnes. 

Pourquoi ce front républicain se morcelle-t-il ainsi ? 

En partie à cause d’Emmanuel Macron. Parce que depuis son élection en 2017, le président fait tout ce qu’il peut pour dynamiter minutieusement la droite. Il débauche des personnalités qu’il nomme à  Matignon, à Bercy ou à Beauvau. Il chasse sur les terres des idées de LR, qu’il s’agisse du libéralisme économique ou de la fermeté sur le  régalien. Et ce faisant il en oublie de parler au camp dont il est  pourtant issu à savoir : la gauche. Résultat, pour tenter de rassurer  ses anciens camarades, il tourne désespérément en boucle depuis quatre  ans sur le dédoublement des classes de CP et de CE1. Une vraie mesure sociale, certes, mais dont il sait qu’elle ne suffira sans doute pas à  convaincre les plus hésitants une fois dans l’isoloir. 

Mais ce constat, est-ce une fatalité ou ce front pourrait se reconstituer ? 

Seul l’avenir nous le dira ! Mais pour l’instant, ce qui est sûr,  c’est que personne n’a encore su occuper l’espace de « rempart » ou de «  barrage » face à l’extrême droite dont la candidate, Marine Le Pen, est  quasi assurée d’être présente au second tour en 2022, et qui pourrait  même finir par l’emporter.  

Alors en attendant que la  droite trouve enfin son fameux « candidat naturel », ou que la gauche réussisse peut-être à s’entendre un jour, Emmanuel Macron, lui, va essayer de recycler son fameux « en même temps ». Autour de quatre  grandes priorités : le régalien, l’écologie, l’économie et le social.  Vous aurez remarqué que ça fait deux pour la gauche, et deux pour la  droite… Match nul, donc. Et il l’espère : balle au centre ?

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