Par Marcelo Wesfreid

Le mot « trumpisation » fleurit partout et on l'utilise à toutes les sauces. C'est devenu l'insulte à la mode. Etre comparé à Trump, c'est le pire du pire. Cela veut dire, selon les cas, réac, facho, sexiste, xénophobe...

En ce moment, la mode, à gauche comme dans la droite modérée, c'est de comparer Nicolas Sarkozy à Donald Trump .

Car oui, disent ses détracteurs, l'ancien président est obsédé par les immigrés, par l'Islam et il n'est plus à une outrance près pour qu'on parle de lui.

Nicolas Sarkozy a même été obligé de se défendre. « qu'ai-je à voir avec ce monsieur Trump? ». Il a ajouté qu'il était un ami d'Hillary Clinton.

En réalité, au-delà des thématiques, Nicolas Sarkozy, a regardé de près la campagne du milliardaire new-yorkais. Et sa méthode. Provoquer, faire scandale avec des propos brut de décoffrage, pour parler aux gens qui ne veulent plus entendre parler d'un politique.

Les comparaisons avec Donald Trump englobent aussi le FN, parti qui dit du bien de Donald Trump. Ça permet à la gauche de dénoncer ensemble la droite et l'extrême droite. C'est la « trumpisation des esprits », expression qui est copié collé de la fameuse « lepénisation des esprits ».

Tout ça donne un populisme dangereux, qui parle aux tripes, si l'on en croit Manuel Valls. Voilà ce qu'il disait le 29 août dernier, à Colomiers :

Des deux côtés de l'Atlantique, le populisme, ce que j'appelle la trumpisation des esprits, contamine notre vie politique. Ce malaise dans la démocratie n'est pas nouveau, c'est une maladie ancienne dopée par la culture de l'instantané. Il y a cet appel constant à l'émotion plutôt qu'à la raison.

C'est un concept bien pratique pour dénigrer en bloc ses adversaires, d'autant qu'on peut l'utiliser à toutes les sauces. Lui faire dire ce qu'on veut. L'autre fois, Audrey Azoulay, la Ministre de la Culture, a réagi à la grève d'Itélé. Elle a dénoncé la « trumpisation de l'info ».

Je me souviens aussi de cette sortie de Benoît Hamon, de l'aile gauche du PS. C'était sur le livre de confidences de François Hollande. « Le bouquin nous fait honte. Il donne une impression d'incontinence verbale. Il y a une forme de trumpisation de la candidature de François Hollande. »

Morale de l'histoire : on est toujours le Donald Trump de quelqu'un d'autre.

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