L’arrivée des élus macronistes, totalement novices en politique, a bousculé les habitudes des journalistes politiques...

Par Marcelo Wesfreid

Cela a un impact sur ce que vous lisez, sur ce que vous entendez sur les antennes. 

Vous avez, par exemple, beaucoup moins de petites phrases qu’avant dans les sujets, moins de piques, de confidences sur la vie interne du mouvement, car chez les macronistes, dans la majorité, il y a un nombre considérable de personnes qui n’ont jamais parlé auparavant à un journaliste. Le résultat, c’est qu’ils n’ont pas les codes. Ce ne sont pas des vieux routiers de la politique. En particulier, ils maîtrisent peu le off. Ce qu’on appelle le off, c’est la possibilité de faire passer des messages, mais sous couvert d’anonymat. "Je vous dis quelque chose mais ne me grillez pas, ne dites pas que j’en suis l’auteur". C’est une formidable machine à dire des vacheries, voire à balancer des rumeurs ! Et elle a beaucoup sévi au PS et chez Les Républicains.

Mais, là, dans la majorité, c’est moins le cas. Il y a une discipline. La macronie ça file droit. On le voit avec l’élection de Castaner à la tête du parti. Un seul candidat. Élu à main levée. Circulez il n y a rien à voir. 

Et puis, il y a une méfiance. Petite anecdote. Lundi, j’ai appelé une élue qui avait dîné avec Macron. Je voulais en savoir plus, qu’elle me raconte l’objet de la rencontre. Réponse de l’intéressée : « qui a cafté ? ». Elle voulait que je lui donne ma source, ce qui est interdit dans le journalisme. Comme un médecin, par exemple, ne dévoile pas le secret médical. 

Cette députée s’est justifiée avec un drôle d’argument : 

Si vous ne me dévoilez pas votre source, comment voulez-vous qu’à mon tour je vous fasse confiance ? 

L’échange s’est interrompu. On n’était sur deux planètes différentes. 

Il y a des élus macronistes qu’on commence à voir beaucoup sur les plateaux ? 

Notamment des élus parisiens. Toujours dispos pour des interviews. N’habitant pas très loin des studios de radios. Par exemple le député  Stanislas Guérini : ils sont une dizaine d’élus qui enchainent les médias et sont en train d’acquérir les codes médiatiques. Qui savent ciseler leurs expressions. Utiliser les médias pour faire de la politique. Une dizaine sur 300 députés. Ce n’est encore qu’un début !

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