A droite on laisse la place aux jeunes ! Sur le tatami des présidentiables, on ne retrouve que des combattants couturés de blessures, tous meilleurs espoirs de leur camp dans les années quatre vingt: Juppé, Sarkozy et Fillon.

Ces jours-ci, le plus en vogue a 69 ans. C’est Alain Juppé. Après des années de purgatoire dans les sondages, le mal aimé se sent pousser des ailes.

alain juppé annonce sa candidature à la primaire de l'ump
alain juppé annonce sa candidature à la primaire de l'ump © reuters

A 69 ans, franchement, il a intérêt à être prêt pour 2017. Et il n’a pas changé d’un iota, son dernier message publié sur son blog il y a quelques jours en est la preuve : « il s’est passé quelque chose avant-hier soir pendant l’émission des paroles et des actes , ce quelque chose, c’est la confiance », écrit-il en s’autocongratulant. Il est vrai que depuis l’annonce de sa candidature, le maire de Bordeaux s’est libéré d’un poids.

Désormais, plus personne ne questionne sa détermination. Pourtant, pendant très longtemps, il a éludé la question. Tout le contraire d’un Sarkozy criant son ambition à tous ceux qui le croisaient.

Ecoutez Alain Juppé, il s’interviewait lui-même, sur le plateau de Thierry Ardisson, en 1988 . A l’époque, il avait 44 ans, l’âge de Bruno Le Maire, et il était déjà secrétaire général du RPR :

Dans la même interview, il se pose une autre question, et vous allez apprendre un nouveau mot…

Ne pas chapouiller : cela veut dire se chercher les noises. Au sein de la droite on s’est beaucoup chapouillé ces derniers temps. Et Juppé se sent prêt à remettre tout ça en ordre.

Il s'organise et a une équipe : il vient de confier au député Hervé Gaymard le soin d’animer son projet et ses réseaux. Mais il ne veut surtout pas aller trop vite. La présidentielle est dans trente trois mois. Juppé a expliqué sur son blog qu’il se donnait encore un an pour approfondir son projet. Le pire pour lui serait de devenir le lièvre de Sarkozy. Le lièvre est celui qui court en tête au début pour donner le rythme, puis quitte la course pour laisser passer les autres.

Comment éviter ça ? Cette fois-ci, Alain Juppé pense qu’il a une arme qui s’appelle les primaires à droite.

Si, comme le pense les observateurs pour le moment, la gauche n’est pas au deuxième tour de la présidentielle, cela veut dire que le vainqueur de 2017 se décidera en 2016, quand la droite se sera choisi son champion.

Un proche de Juppé me le confiait hier : « Les Français vont vite comprendre que la présidentielle se jouera avec les primaires de la droite, et alors les électeurs du centre et même de la gauche vont se déplacer pour faire barrage à Sarkozy ».

Le plan a l’air parfait, sauf si certains se chapouillent...

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.