Outre le probable départ de Pierre Laurent, le Secrétaire national du PC, quelles conséquences peut avoir cet événement sur le parti mais aussi sur le reste de la gauche ?

La première conséquence est que cela faisait des années qu’on n’avait pas autant parlé du Parti Communiste. Preuve que le PC n’a beau avoir que quelques 40 000 adhérents à jour de cotisation et avoir recueilli moins de 3% aux dernières élections législatives, il pèse encore, au moins dans les esprits. 

La mise en minorité de Pierre Laurent, n’a rien d’anecdotique 

Elle a tout d’abord une dimension historique dans un parti qui depuis toujours plébiscite sa direction.  Ensuite elle semble être le dernier avatar du « dégagisme » qui, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, frappe successivement les vieilles formations politiques. Mais surtout ce vote des militants communistes traduit une farouche volonté de survie d’un parti dont on croyait l’extinction inéluctable. Et ce sursaut, s’il se traduit par une nouvelle ligne politique peut alors avoir des effets au delà du PC. Difficile pourtant de voir en André Chassaigne, chef de file des opposants à Pierre Laurent, un homme neuf. A 68 ans et après des décennies de carrière au PC, il n’est pas neuf c’est le moins qu’on puisse dire. Mais il a de la voix. 

Le problème qui se pose aujourd’hui au PC, c'est sa capacité à se faire entendre, autrement dit : à avoir une véritable stratégie

« Pierre Laurent est un mou du genou », me confiait il y a peu un de ses opposants, dénonçant notamment son alignement derrière Mélenchon lors de la dernière campagne présidentielle. Retrouver une identité, une autonomie, tel va être le pari de la future direction du PC.  Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour Jean-Luc Mélenchon ? Car chez nombre de cadres du PC la volonté de Mélenchon d’absorber le parti en même temps que son attitude souvent condescendante a été très mal vécue. « Il nous a méprisé, il a voulu nous humilier », me disait encore l’un d’eux. Or aujourd’hui le PC bouge encore et risque de se poser moins comme un allié que comme un concurrent aux Insoumis. Certes les forces semblent disproportionnées mais Jean-Luc Mélenchon, dont on sait les difficultés à rassembler au-delà de son camp, voit sans doute d’un très mauvais œil le réveil d’un parti qu’il pensait moribond.

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