L’attentat à la préfecture de police de Paris a provoqué un feu de critiques de la droite et de l’extrême-droite. Mais la gauche est restée bien inaudible

Olivier Faure,  président du groupe socialiste, écologiste et républicain à l'Assemblée nationale
Olivier Faure, président du groupe socialiste, écologiste et républicain à l'Assemblée nationale © AFP / Elko Hirsch / Hans Lucas

Alors que le Rassemblement national accaparait tous les micros et toutes les caméras, pour demander la démission de Christophe Castaner, alors que Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile de France proposait de considérer la radicalisation comme un motif de licenciement, que dit la gauche ? 

Olivier Faure, le patron des socialistes, écrit sur Facebook que « toutes les responsabilités doivent être tirées. Ce qui en retour doit engager chacun de ceux qui disposent de la parole publique à faire aussi preuve de discernement et de responsabilité. » Difficile de faire plus sybillin. 

Le Parti communiste, lui, a attendu hier matin pour diffuser un communiqué. 

Jean-Luc Mélenchon s’est contenté d’une intervention sur une chaîne en continu. 

Et le Vert Yannick Jadot de demander la création d’un Conseil de Sécurité sur le terrorisme …

Il y aurait alors un vrai déni des partis de gauche ?

C’est ce que soutient une grande partie de la droite et surtout de l’extrême droite. Ce serait, dans ce cas, passer sous silence tout ce que la gauche socialiste et radicale a fait lorsqu’elle était au pouvoir. Surtout après les attentats de 2015. Le renforcement de la législation anti-terroriste, l’augmentation des crédits, l’engagement des troupes françaises au Moyen Orient ou au Mali… Pourtant, ce silence de la gauche après l’attentat de la Préfecture de police est le symptôme d’un malaise qu’on croyait réglé mais  qui, semble-t-il, ne l’est pas totalement.

La France Insoumise mais aussi une partie des socialistes ont largement abandonné le terrain de la lutte des classes et du combat pour la laïcité républicaine, au profit du concept du « peuple » pour Jean-Luc Mélenchon, et de la conquête des minorités, notamment ethniques, pour le parti socialiste. 

C’est le think tank Terra Nova qui, il y a une vingtaine d’années, avait pris acte de la baisse de l’électorat ouvrier et poussé le PS à s’adresser aux communautés. Pour la gauche née de SOS Racisme, il y avait aussi la crainte de se voir taxer d’anti musulmans. C’est vrai qu’ Olivier Faure, élu à la tête du PS en 2018 avait clamé que la « laïcité était notre joyau ». Mais il n’a pas, semble-t-il, convaincu tous ses amis. 

Pourtant, dès 2002, Lionel Jospin avait lancé un appel pour revenir aux fondamentaux laïcs de la gauche. Manuel Valls, lors de son discours du 13 janvier 2015 avait clamé « laïcité, laïcité, laïcité ». Mais l’un est aujourd’hui à la retraite, l’autre en Catalogne… 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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