C'est un cortège, que dis-je, une procession. Tous ces politiques qui se félicitent du prix Nobel de Chimie décerné à Emmanuelle Charpentier. Ils ont raison, évidemment, c’est une très grande nouvelle, et une scientifique extraordinaire. J’ajoute, puisque j’ai eu la chance de la rencontrer, une personnalité fascinante.

Emmanuelle Charpentier le 7 octobre 2020
Emmanuelle Charpentier le 7 octobre 2020 © Getty / Picture alliance

Mais,- car il y a un gros mais - tous ces politiques, ou presque ont été partisans de l’interdiction des OGM pour l’agriculture, et donc de l’application des ciseaux génétiques CisPr-Cas-9, la découverte d’Emmanuelle Charpentier et de sa co-lauréate, l’américaine Jennifer Doudna.

Autant de tartufes, qui font cocorico pour ce prix Nobel français, mais votent des lois qui proscrivent sa découverte.

Les OGM font appel à la découverte d’Emmanuelle Charpentier ?

Pas tous. C’est la dernière évolution. L’une des particularités de Crisp-Cas-9, c’est d’insérer des gênes issus de la même espèce, contrairement aux OGM « traditionnels », si j’ose dire, faisant appel à la « transgenèse ». Emmanuelle Charpentier l’expliquait au Point en 2018 : « Cela pourrait donner une autre perspective aux habitants des pays où la malnutrition est encore un fléau. Les plantes génétiquement modifiées avaient mauvaise réputation en partie parce que les technologies utilisées jusqu'à présent inséraient de l'ADN étranger dans le génome des plantes. CRISPR-Cas9 peut changer cette vision.»

Il n’y a d’ailleurs pas que le sujet de la malnutrition, mais aussi celui de l’écologie, puisque cette technologie permettrait des cultures moins consommatrices d’eau et de pesticides 

Cela n’a pas convaincu tout le monde, pourtant…

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