La Jospinomania s’est emparée de toute une partie de la gauche. C’est le revenant de la rentrée. L’ancien Premier ministre, peu loquace depuis le coup de tonnerre de 2002, son échec à la présidentielle, publie "Un temps troublé." Il y étrille l’actuel président de la République et son prédécesseur, François Hollande.

Lionel Jospin, le nouvel espoir de la gauche ?
Lionel Jospin, le nouvel espoir de la gauche ? © AFP / Thomas SAMSON / POOL

Depuis cette publication, c’est un concert de louanges

Je vous en livre quelques-unes : "Le verbe juste, la vision claire, la sagesse désintéressée". Un éloge signé Olivier Faure. "Je vois la grande histoire que les Français ont manquée", dixit Jean-Luc Mélenchon. 

Les écolos sont à l’unisson. Mais peu rappellent l’échec du socialiste sur la sécurité, ou encore la présence d’un Le Pen au second tour de la présidentielle, deux sujets toujours d’une brûlante actualité, dix-huit ans plus tard.  

C’est quoi cet effet Jospin, de la nostalgie ?   

Bien sûr, la nostalgie de la gauche plurielle de 1997. Le moment où Olivier Schrameck, directeur de cabinet de Lionel Jospin, gérait finement depuis Matignon un gouvernement rebaptisé "la dream team". On comptait en ses rangs le Dominique Strauss-Kahn d’avant le Sofitel, Martine Aubry, Jean-Pierre Chevènement, ou Dominique Voynet. 

Et à partir de 2000, un nouveau ministre à l’enseignement professionnel, Jean-Luc Mélenchon, dont Lionel Jospin loue à présent, je le cite, le "talent" et "les intuitions politiques".  

Du miel pour le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon

Lionel Jospin a également bien entendu l’ancien chef de gouvernement expliquer que la gauche écologiste pourrait l’emporter en 2022, à condition de s’unir. Il n’en a pas fallu plus pour que Jean-Luc Mélenchon relance sa proposition de fédération populaire autour de sa personne. Il se sent une vocation de "candidat commun" à la présidentielle. Une référence au programme commun mis en œuvre par Mitterrand.   

Est-ce encore possible d’unir la gauche ?

On en a eu quelques exemples aux municipales, avec des périmètres variables, qu’il s’agisse de Paris derrière Anne Hidalgo ou du Printemps Marseillais derrière Michèle Rubirola. Mais pour une présidentielle, c’est une toute autre histoire. Il reste encore tant de divergences ! 

La macronie observe ce remue-ménage avec un certain détachement. Je cite un proche du chef de l’Etat : "Ils n’ont pas grand-chose en commun. Il y a encore deux ou trois gauches. Et les tentatives de rapprochement se font en négatif". Ou plus exactement en rejet de deux figures politiques. Un ancien candidat à la primaire PS de 2011 nous livre son analyse : "Vous savez pourquoi on adore tous Jospin ? Parce qu’il dit du mal à la fois de Macron et de Hollande". Et il n’est pas certain que ces détestations suffisent à cimenter la gauche.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.