Jean-Luc Mélenchon vit des heures difficiles. Car pour lui, Manuel Valls c'est le pire du pire.

Pendant la polémique sur les Roms à l’automne dernier, je l'avais vu déprimé comme jamais des propos de celui qui était ministre de l’Intérieur.

jean-luc mélenchon appelle à une marche sur bercy
jean-luc mélenchon appelle à une marche sur bercy © reuters

Souvenez-vous, Manuel Valls avait douté de la capacité des Roms à s’intégrer. « Valls, c’est le sommet de la honte », m’avait dit Mélenchon. « Je n’ai pas le moral, ca me casse ». Il est un affectif, quand il est touché, il est dans la démesure. Il voulait tout plaquer, il espérait que le Front de gauche se trouve un autre leader. Avec cela en tête, je vous laisse imaginer ce qu’il pense de l’arrivée de Valls à Matignon. C'est un cauchemar qui devient réalité... Surtout que son plan il n’y a pas si longtemps, c’était d’y accéder lui, à Matignon, dans le cadre d’un changement total de politique. Bilan: sa première réaction après la nomination de Valls a été un texto à un journaliste des Inrocks : « Dommage qu’il ne nous reste rien à vomir ».

Pourtant il peut en tirer profit.Avec un chef du gouvernement étiqueté centre-droit, le premier réflexe est de se dire : Jean-Luc Mélenchon a un boulevard!

Il pourrait se faire le porte-voix des électeurs perdus. Mais le problème, pour Mélenchon, c'est que le couple social démocrate Hollande-Valls en gêne plus d'un. Une partie des députés socialistes ne cesse de leur mettre la pression à coup de tribune et autres appels dans la presse. Eux, ce sont les proches de Martine Aubry, de Claude Bartolone, et puis la fameuse aile gauche du PS… Autant dire qu’il y a un sérieux embouteillage sur le fameux boulevard de Mélenchon.

Il va concentrer tous ses efforts sur la campagne des européennes.Il n’arrête pas de dire qu’il est tellement déprimé qu’il ne se représentera peut-être pas pour un nouveau mandat de député européen. Mais c’est son créneau, alors il va se jeter dans la bataille. Il faut faire oublier les divisions des municipales avec le PCF, et aussi de prouver que des électeurs peuvent encore user d’un bulletin Front de gauche pour protester. Quant au gouvernement, il n’y a qu’une voix selon lui, et il va y foncer à toute blinde. C’est l'opposition totale. Radicale…

Il était déjà dans l’opposition total q uand Jean-Marc Ayrault était Premier ministre, il n’a pas laissé beaucoup de répit au pouvoir. Mais attendez-vous à ce qu’il passe à l’échelon supérieur. Hier, après le discours de politique générale de Manuel Valls, les députés du Front de gauche ont voté contre la confiance au Premier ministre. Ils n'avaient pas été aussi loin après le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault puisqu'ils s'étaient abstenus. Ce n’est que le début. Pour l’instant Manuel Valls ne doit pas beaucoup trembler. On l’a vu, l’opposition sans nuance n’a pas encore réussi à Mélenchon.

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