La République en Marche a lancé samedi sa grande marche pour l’Europe. Les militants, mais aussi les élus et même les ministres se lancent dans des séances de porte-à-porte pour aller demander aux français ce qu’ils pensent de l’Europe.

Par Renaud Dély.

Il s’agit d’un formulaire de trois pages, et d’une série de cases à cocher : « Qu’est ce qui marche en Europe ? » « Qu’est ce qui vous inquiète ? » « Qu’en attendez-vous ? », etc… En fait les Marcheurs renouent avec la méthode qui avait fonctionné dans la première phase de la campagne présidentielle, quand le candidat Macron avait envoyé ses troupes à travers l’hexagone pour établir un diagnostic des maux du pays.

Est-ce vraiment le bon moment pour ouvrir un débat sur l’Europe ?

C’est vrai que le calendrier a de quoi étonner. Au moment où les conflits se multiplient, à la SNCF, à Air France, dans les EPHAD et ailleurs, au moment où le climat social tourne à l’orage, les Français n’ont pas vraiment la tête à l’Europe. D’ailleurs Christophe Castaner, le patron du parti qui faisait samedi du porte-à-porte du côté de Tours, a surtout été interpellé par des retraités sur leur pouvoir d’achat et la hausse de la CSG. 

Et Muriel Pénicaud, la ministre du Travail qui était à Melun, elle confie volontiers qu’elle a surtout entendu parler des angoisses des artisans et et de la question du chômage. En fait, s Macron lance d’aussi loin cette grande campagne, c’est parce qu’il pense que cet enjeu-là commande tous les autres et que s’il échoue sur l’Europe, il échouera sur le reste.

Avec l’affaiblissement d’Angela Merkel, le résultat des élections en Italie et la montée des nationalistes un peu partout, Macron est quasiment seul

C’est bien le problème. Sans partenaires, il ne pourra pas relancer la construction politique de l’Union Européenne. C’est pour ça qu’avec ses troupes, il se lance dans cette nouvelle offensive pour essayer de convaincre d’abord les Français que l’Europe ne les menace pas, mais au contraire les protège. Un discours illustré bien sûr par la fermeté brandie par Gérard Collomb sur le dossier des migrants. Au passage, le chef de l’état a aussi une ambition électorale : aux européennes de juin 2019, il veut rassembler tous les pro-européens, de droite comme de gauche, sur une seule et même liste, et laisser s’écharper Laurent Wauquiez, le Front National, la France Insoumise et bien d’autres, bref 50 nuances de gris eurosceptique divisés d’un côté contre une seule liste eurolâtre de l’autre.

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