Hier, le premier ministre Edouard Philippe a marqué les esprits, il a profité de la restitution du grand débat pour porter un message très politique et tranchant, qui a surpris.

On ne va pas se raconter d’histoires. Edouard Philippe a été globalement peu à la manœuvre. C’est Emmanuel Macron qui a imposé le grand débat. Contre l’avis de tout le monde. C’est Emmanuel Macron qui a capté l’attention pendant plus de 90 heures à la télévision. Et ce sont les ministres Sébastien Lecornu et Emmanuelle Wargon qui ont été les chevilles ouvrières de l’exercice. 

Alors, quand hier, le premier ministre a pris la parole au Grand palais, on s’attendait à un discours creux. Et non. A la place, on a eu des déclarations fracassantes. Sur l’urgence de baisser les d’impôts. Ou de réformer. 

Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable.

Le premier ministre dit « à mes yeux »: un commentaire qui sonne comme un avertissement. 

Edouard Philippe met la pression sur le président, et pas à n’importe quel moment 

Emmanuel Macron est en train de préparer ses annonces… Le premier ministre lui dit : "ça tombe bien, voilà mes priorités. Si tu n’en tiens pas compte, je peux partir du gouvernement…" 

En bon juppéiste, il fait entendre une petite musique de droite, qu’on a retrouvée ces derniers jours chez les proches du premier ministre que ce soit Gérald Darmanin, le ministre du Budget, ou Sébastien Lecornu, qui s’occupe des collectivités…

Sur les retraites, sur les impôts, sur la réforme territoriale, l’aile droite du gouvernement se rebiffe, avec, donc, Edouard Philippe qui sort le mégaphone au moment fatidique.

Qu’est-ce que cela dit du fonctionnement de l’exécutif ?

Cela dit qu’il n’y a plus un tandem, mais un duo au sommet de l’Etat. Le premier ministre a une histoire, une trajectoire politique différente. Rappelons qu’il n’a jamais adhéré à la république en marche… 

Cela dit aussi que le clivage gauche-droite est en train de réapparaître, à la faveur du grand débat. En fait, ce n’est pas la première fois. On l’a vu quand il a été question de légiférer sur l’immigration. On le voit sur les impôts. On ne tardera pas à le voir sur la bioéthique. Le « en même temps » n’est pas une assurance tous risques.

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