La photo va faire la Une de tous les quotidiens mercredi matin : Hollande et Sarkozy côte à côt e aux obsèques de Nelson Mandela.

la france rend hommage à nelson mandela
la france rend hommage à nelson mandela © reuters

Il s'est produit ce week-end un véritable petit miracle : vous le savez, François Hollande a invité Nicolas Sarkozy à l'accompagner mardi à Johannesburg, certes dans deux avions différents. C'est la première fois qu'on les verra ensemble depuis dix-huit mois. Vous me direz que c'est la tradition de la Ve République, que Hollande n'avait pas le choix.

Sauf que si, Hollande avait tout à fait le choix. Personne ne l'a su à l'époque, mais au début de l'année 2013, au moment du lancement de la guerre au Mali, un de ses ministres lui avait conseillé déjà de jouer l'union sacrée en invitant tous les anciens présidents à l'Elysée. Hollande avait refusé : Sarkozy, jamais ! Il le détestait ! Pendant la campagne, souvenez-vous, il le traitait en privé de « salopard ». Une fois élu, il n'arrivait même pas à prononcer son nom, ça lui écorchait la bouche. Il l'appelait, du bout des lèvres, « mon prédécesseur ». Depuis, on peut dire que l'eau a coulé sous les ponts...

Voilà ce que disait François Hollande lors du lancement du centenaire de la guerre 14-18, le 7 novembre à l'Elysée, au sujet de la réhabilitation des fusillés :

Il l'a dit ! Il a prononcé son nom : « le président Nicolas Sarkozy ». Ca a l'air de rien, mais j'ai compté, c'est seulement la 15e fois qu'il le cite depuis son élection.

Qu'est-ce qui explique cette soudaine clémence ?Ce n'est évidemment pas l'esprit de Noël. C'est tout simplement l'exercice de l'Etat. Après un an et demi aux commandes du pays, beaucoup de couacs et une impopularité qui bat tous les records, Hollande se rend compte que Sarkozy n'était peut-être pas un si mauvais président que ça. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui ! Devant les journalistes, depuis peu, Hollande est nettement moins féroce. Je le cite : « Finalement, on peut dire aujourd'hui que Sarkozy a joué son rôle. S'il avait eu une meilleure conjoncture économique, peut-être qu'il serait repassé en 2012 ». Ces propos, ils étaient tout simplement inimaginables il y a seulement quelques mois.

On peut pourtant penser qu'ils se retrouveront peut-être face à face en 2017. D'ailleurs François Hollande n'est pas dupe. Il sait très bien toutes les horreurs que Nicolas Sarkozy raconte sur lui : qu'il est « mauvais », « nul », qu'il a un « cabinet noir » chargé de monter des affaires contre lui, que la droite va gagner en 2017. Le Président est persuadé depuis le début que Sarkozy meurt d'envie de prendre sa revanche contre lui. Mais il est aussi très sceptique sur ses chances d'être à nouveau candidat. « Un retour en politique, c'est compliqué, voire impossible ». Voilà ce que pense François Hollande. En clair, il n'y croit pas plus que ça. Et c'est sans doute ça, au fond, qui explique sa surprenante invitation.

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