Il y en a un que l’on n’a toujours pas entendu depuis les résultats du premier tour des régionales : c’est François Hollande.

François Hollande, première journée de la COP21
François Hollande, première journée de la COP21 © Zhou Lei/Xinhua Press/Corbis

C’est une stratégie délibérée de l'Elysée. François Hollande veut rester, je cite l’un de ses conseillers, « jupitérien », au-dessus de la mêlée. Il veut se tenir le plus loin possible de l’arène politique. Ne surtout pas mettre les mains dans le cambouis électoral. Alors, c'est plus simple, il se tait.

Cette stratégie, elle est empruntée à Jacques Pilhan : vous savez, le gourou de la communication de François Mitterrand. Pilhan avait théorisé la « rareté de la parole présidentielle ». Evidemment, ce n’est plus vraiment à la mode à l’époque des chaines infos. Mais les vieux conseils de Pilhan peuvent encore servir, 20 ans après. La preuve !

Manuel Valls a parlé, mais pas le chef de l’Etat. Pourquoi cette stratégie a-t-elle été décidée à l’Elysée ?

D’abord parce que François Hollande veut rester le président de tous les Français, après les attentats. Il ne veut pas abimer cette image de « chef de guerre » ou de « père de la nation » : une image populaire puisqu'il a pris 20 points récemment dans les sondages.

Et puis, Hollande pense à 2017. il rêve d'un duel face à Marine Le Pen au deuxième tour. D’ici là, il doit tout faire pour apparaître comme le candidat de la République, le candidat du rassemblement. Et donc éviter les jeux partisans, en tous cas en apparence.

Enfin, il y a une dernière raison, plus prosaïque. Christophe Caresche, député PS, me disait : « C’est simple, le Président veut se tenir le plus loin possible des emmerdes électorales ! »

Cette semaine, le Président va très peu sortir de l’Elysée. Aucun déplacement n’est prévu. Sauf un, peut-être à la fin de la semaine, pour la clôture de la conférence sur le climat.

Pour le reste, l’agenda du Président est truffé de… remises de décorations. Hier, il y en a eu trois ! Dont une à Albert de Monaco et une autre à la chanteuse Barbara Hendricks. Evidemment, tout cela est fermé à la presse. On ne veut prendre aucun risque, à l’Elysée. Un seul mot d’ordre : la sobriété !

Quand on connait l’appétit du Président pour la chose électorale, on l’imagine assez mal se tenir éloigné de tout ça. Dans le secret de son bureau, Hollande reste évidemment à la manœuvre ! Je peux vous dire que l’ambiance était studieuse dimanche soir à l’Elysée. Le Président a passé la soirée à étudier de près les résultats avec ses plus proches conseillers.

D’un côté, Hollande s’inquiète du score du FN. Mais de l’autre, il croit que la gauche a ses chances, dans une petite dizaine de régions, notamment grâce au FN qui siphonne les voix de la droite. Et c’est tout le paradoxe !

On peut être jupitérien, mais ça n’empêche pas d’être tactique. Voire un peu cynique !

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