A peine sortie sur Netflix, la série sur DSK est le programme le plus regardé sur la plateforme. Alors forcément, on s’interroge, on se demande ce qu’il reste politiquement de l’ancienne star socialiste ?

Que reste-t-il de DSK ? Ici Dominique Strauss-Kahn en 2017
Que reste-t-il de DSK ? Ici Dominique Strauss-Kahn en 2017 © Maxppp / MICHAEL REYNOLDS/EPA/Newscom

En 2017, je vous aurais répondu que l’héritier de Dominique Strauss Kahn, sur le plan politique, c’est Emmanuel Macron. Un libéralisme venu de la gauche, à l’aise avec la mondialisation. Une image de modernité. Du pragmatisme.

D’ailleurs, le programme de campagne d’Emmanuel Macron, il est concocté par un économiste qui a travaillé auprès de Dominique Strauss-Kahn à Bercy, c’est Jean Pisani-Ferry. 

Dans le commando qui prend d’assaut l’Elysée, vous trouvez alors beaucoup de soutiens de DSK, qui se sont formés avec lui. C’est le stratège Ismaël Emelien, la communicante Sibeth Ndiaye, c’est Benjamin Griveaux… Ils vont jouer un rôle central dans la prise de pouvoir.

Mais depuis, beaucoup sont partis

Il ne reste plus qu’une poignée d’anciens. Citons par exemple Stanislas Guérini, l’actuel numéro 1 de la République en marche ou encore les secrétaires d’Etat Cédric O et Adrien Tacquet. 

Aucun d’entre eux, vous l’aurez remarqué, ne se revendique d’ailleurs de filiation avec Strauss-Kahn… Car DSK n’est plus en odeur de sainteté. Il y a eu le Sofitel en 2011, puis le déballage sur le Carlton. Et c’était avant la vague Metoo !

De son côté, l’ancien patron du FMI a quitté la vie publique. Il conseille maintenant des chefs d’Etat, notamment africains. Il a une entreprise au Maroc. Qui marche du feu de dieu. 

Et sur le plan des idées, que reste-t-il ?

Entre le macronisme et le strauss-kahnisme, il reste quelques certitudes. Comme, par exemple, il faut produire avant de redistribuer. Ou les entreprises sont la priorité de la guerre économique. Mais pour le reste, Emmanuel Macron a mis un coup de barre à droite.

Les personnages clés de cette fin de quinquennat ne sont plus les strauss-kahniens mais des sarkozystes comme Jean Castex ou Gérald Darmanin. Ou des figures de la droite comme Bruno le maire, Jean-Michel Blanquer, Roselyne Bachelot.

Et le texte séparatisme, qui arrive ce matin sur la table du conseil des ministres ce matin, il n’aurait jamais vu le jour dans un bureau national du parti socialiste. 

Bref, si le documentaire de Netflix cartonne, c’est parce que DSK n’est plus qu’un fait divers croustillant. Avec tous les ingrédients qui font mouche. Un présidentiable qui finit en prison, une femme célèbre, des prostituées. L’odeur du scandale, plus des idées.  

Que reste-t-il de DSK ?

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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