La politique est un théâtre et comme au théâtre il y a la scène et les coulisses.

François Fillon en campagne à Liart
François Fillon en campagne à Liart © Maxppp / PHOTOPQR/LE PARISIEN

Par Eric Decouty.

Sur scène tout le monde joue ensemble, interprète la même partition mais une puis en fois en coulisses chacun y va de son couplet. Il arrive même parfois que certains déblatèrent sur l’auteur.

Depuis lundi c’est à peu près ce qui se passe avec cette pièce jouée en direct et en continu et qui pourrait s’intituler : « Il faut sauver le général Fillon ! »

Une pièce écrite à la va-vite, improvisée après de deux semaines de ratés et de ratures et avec des acteurs pas vraiment motivés. Donc lundi soir, après la présentation à la presse, par l’auteur et metteur en scène, la petite troupe s’est dispersée sur les plateaux télé, devant vos micros et dans nos journaux. Tous pour dire la même chose, en résumé: François n’a rien à se reprocher, c’est un complot contre lui, les journalistes sont des salauds qui transforment la réalité, la justice est aux ordres. Et maintenant c’est terminé ! On ne parle plus de Pénélope, de ses petit boulots à 4000 euros par mois, de ses indemnités, ni des jobs des enfants.

Pour avoir croisé quelques uns de ces comédiens là, face caméra, il n’y a pas une langue qui a fourché. Les éléments de langage, vous savez ces petites phrases rédigées par les communicants qu’il faut répéter en boucle, ont été parfaitement appris…

Mais en coulisses ça n’est pas tout à fait la même chanson. L’autre soir, sur un plateau télé, un élu de la région parisienne répète que tout est transparent que la petite famille Fillon a touché son juste dû. Il se fâcherait presque le bougre. Cinq minutes plus tard, hors caméra évidemment, il me dit : « vous savez je fais le boulot mais je sais bien que les gens sont choqués par ces salaires. Ils s’en foutent que ce soit légal ou pas… »

Il y a autre chose qui ne passe pas: l’affirmation selon laquelle les pratiques de la famille Fillon seraient généralisées. Un ancien ministre m'a dit : « il veut installer l’idée qu’il y a un marais, que ces pratiques sont généralisées… mais c'est faux ». Il parle même de « dégâts considérables » qu’est en train de faire cette affaire « Il nous tire vers le bas. Cela ne se passe pas comme ça pour tous les parlementaires. »

Dans ces conditions la suite s’annonce compliquée pour François Fillon. Pour l’instant la scène prend le pas sur les coulisses… Mais si d’autres révélations surviennent je ne garantirais pas que la mise en scène ne volera pas en éclat. Un Républicain déclare: « Il peut remercier la mobilisation des électeurs de droite à la primaire. S’il avait été désigné par un conclave il aurait déjà été renversé par un autre conclave »

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