A gauche, chacun y va de sa proposition pour tenter de desserrer l’étau autour de ce qu’on appelait jadis la gauche de gouvernement.

A la dernière présidentielle, cette gauche représentée par Benoît Hamon allié à Yannick Jadot avait été écrasée entre deux mâchoires, celle d’Emmanuel Macron d’un côté, celle de Jean-Luc Mélenchon de l’autre. Pour pointer à un piteux score de 6,36 % des voix.

Cinq ans plus tard, la situation a évolué. Le socle électoral d’Emmanuel Macron s’est décalé vers la droite. Et le crédit personnel et politique du leader de la France insoumise s’est érodé.

En théorie, un espace s’est dégagé 

C’est ce que répètent sur tous les tons les responsables de cette gauche perdue. 

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Laurent Joffrin, prétend que son camp « peut encore gagner en 2022 ». A présent chef des Engagés, l’ex-directeur de Libération était, dimanche dernier, l’instigateur d’un Zoom de la gauche.

Jean-Christophe Cambadélis a refroidi l’atmosphère de ce goûter nostalgique. L’ancien patron du PS a décrit cette initiative comme un simple bourgeon dans « l’hiver » d’une gauche que la fragmentation condamne à disparaître.

Joffrin n’avait pas invité de représentant d’Europe-Ecologie Les Verts. C’est pourtant le cœur du sujet. Comment parvenir à une alliance rose-verte, susceptible de répondre à l’aspiration sociale et écologiste de toute une partie de la jeunesse ?

Selon un sondage publié la semaine dernière dans L’Obs, une telle aventure menée par Anne Hidalgo ou Yannick Jadot pourrait recueillir entre 16 et 17 % des voix à la prochaine présidentielle.  C’est pas Byzance, mais cela pourrait servir de point de départ. 

Comment réaliser cette alliance rose-vert ? 

Yannick Jadot a bien une idée. On prend un candidat vert, de préférence député européen et ancien de chez Greenpeace et tout le monde le suit.

Anne Hidalgo qui veut, je cite son entourage, « réinventer un projet en phase avec les enjeux du XXIe siècle » en a une aussi. On prend une candidate, pourquoi pas maire d’une grande ville et tout le monde la suit. 

Proche de Nicolas Hulot, le député Mathieu Orphelin tente d’arbitrer ce duel en défendant l’idée d’un ticket écolo-socialiste pour la présidentielle. Une organisation de ce type a permis la victoire de Michèle Rubirola à Marseille aux Municipales. Difficile pourtant de proposer aux Français une présidence de la République tournante. 

Bref, entre les écolos et la gauche réformiste, cela risque de se finir comme dans La femme d’à côté de François Truffaut : «Ni avec toi, ni sans toi ». Et donc nulle part ! 

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